Catégories
Livres

Reste avec nous

Au catalogue d’Utovie depuis 1989, ce petit texte bien plus ancien, illustré par Marie Fougère, y est sous-titré « Jésus, du Temple à Emmaüs » : cela en dit le sujet (la passion du Christ), mais ne permet pas de savoir en quoi il est original.

Guillemin, en effet, a confié l’évocation des événements à un témoin imaginaire, qui raconte, avec ses mots à lui, dans sa langue orale familière et pittoresque, ce qu’il a vu, parfois de loin, et n’a pas toujours compris, jusqu’à l’illumination du repas d’Emmaüs.

Une des grandes réussites d’un Guillemin méconnu, narrateur chaleureux, gouailleur et communicatif.

Catégories
Livres

La cause de Dieu

Henri Guillemin reprend, sous un titre à peine modifié, La cause de Dieu, deux études sur Lamartine et Ozanam qui ont paru, en 1944, en Suisse, dans un volume intitulé La bataille de Dieu.

Il y ajoute un long chapitre sur Rousseau et Robespierre, deux destins apparentés, dont il se souviendra quand il écrira son grand livre sur Robespierre, politique et mystique.
Son but est de »attester que l’après-Voltaire n’a pas été la disparition du christianisme. »

Les témoignages ici réunis sont ceux de « quatre hommes qui ont cru en Dieu. » Pas forcément de manière orthodoxe, pas du tout comme les chrétiens de convenance qui ne s’en servent que lorsque ce Dieu sert leurs intérêts de propriétaire. Ils ont cru en un Dieu-Amour, animés qu’ils étaient « d’une passion de la justice et d’une espérance désespérée mais invincible dans [sa] réalité vivante, et cachée. »(HG)
Guillemin est de cette famille.

« Je ne cesse de remercier le sort – le Ciel- de m’avoir accordé cette chance de naître en France plutôt qu’en Arabie ou dans l’ Inde ou en Chine et de m’avoir fait connaître ce Témoin qui se nommait Ieschoua dans sa langue araméenne et qui a cru pouvoir dire, telle était sa transparence, qu’on « voyait Dieu » à travers lui. »

Catégories
Livres

L’affaire Jésus

L’Affaire Jésus a sans doute été un des grands succès de librairie d’Henri Guillemin. Il veut, avec honnêteté, faire le point sur ce Jésus dont certains nient l’existence alors que d’autres voient en lui Dieu fait homme.
Il a lu les travaux des exégètes et des historiens des religions ; il a cherché à comprendre les avancées des théologiens parmi les plus contestataires il a médité les textes du Nouveau Testament. Il sait la fragilité des témoignages et les apports parfois très tardifs aux Évangiles. Il sait aussi que l’époque ne baigne plus dans la croyance sans histoire des siècles derniers.

Et pourtant, il ose affirmer qu’il croit en ce Dieu dont Jésus a dit qu’il était Amour. Le reste compte moins à ses yeux, les miracles, les dogmes, la discipline morale. Cela seul est essentiel. Le livre date de 1982.

Guillemin nous le propose comme un « témoignage testamentaire », le résultat de toute une vie de réflexion et de méditation. « Je sais très bien que n’a vraiment guère d’importance ce que peut dire à ce sujet quelqu’un qui n’a jamais été un créateur, mais un simple commentateur, au surplus, comme tel, très contesté. Pourtant, je me risque. Dans l’espoir d’aider peut-être, avant de mourir, quelques esprits – de jeunes esprits surtout – guettés par la tentation, trop explicable, du « à quoi bon. »

Ce texte est suivi d’un inédit sur Marie, mis au point par Patrick Berthier, qui montre jusqu’où Guillemin, à la fin de sa vie, peut aller dans la remise en cause du contenu du catholicisme.

Catégories
Livres

La bataille de Dieu

Ce livre comprend des études (à quoi est ajouté un texte consacré à Marc Sangnier qui n’a pas encore été repris en volume) qui portent sur quatre grandes figures qui ont marqué l’histoire du catholicisme français au XIXème siècle.

« La Mennais et ses amis, en 1831, avec son journal L’Avenir. Lamartine, dans cette singulière affaire du curé de Chânes, Ozanam au cœur de la tragédie de 48, Hugo enfin à l’heure où s’opère en lui une dramatique rupture. »(H.G.)

Chacun, à sa manière, entre dans « cette grande bataille, la bataille de Dieu » (Lamartine) contre la hiérarchie catholique et contre les pouvoirs avec lesquels elle a fait alliance. Leur courage, leur honnêteté en fait des hommes comme Guillemin les aime.

Il développe plus largement son étude sur Ozanam, « ce petit Ozanam », le moins connu des quatre et dont il se sent le plus proche, haï par tous les défenseurs de l’ordre et surtout les défenseurs « catholiques ».