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Colloque Henri Guillemin 2025 – Les vidéos sont en ligne – Episode n° 5

Une maîtresse de maison de la classe sociale des hyper riches réprimandant son personnel domestique
©Getty – Britt Erlanson

Faisant suite aux précédentes diffusions, (premier épisode le 6 janvier, deuxième épisode le 20 janvier, troisième épisode, le 6 février, quatrième épisode le 27 février), nous poursuivons la mise en ligne de cette dense journée du 8 novembre 2025.

Nous continuons d’invertiguer cette classe sociale singulière des « Gens de biens » d’aujourd’hui, à savoir les ultra riches de l’hyper classe, à travers deux vidéos.

La première est l’intervention de la sociologue Monique PINÇON-CHARLOT, ancienne Directrice de recherche au CNRS, qui fut avec son mari Michel, pionnière dans l’étude de la classe sociale des riches, un travail formant l’oeuvre d’une vie entière.
Son intervention s’intitule : Le séparatisme des riches et la violence de classe.

La seconde concerne l’intervention de Alizée DELPIERRE, sociologue, chargée de recherche au CNRS, rattachée au laboratoire Printemps à l’UVSQ (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).
Les travaux de Alizée Delpierre s’inscrivent dans le courant des recherches menées par Monique Pinçon-Charlot sur la très grande bourgeoisie.

Etudier les rapports de domesticité au sein des univers fortunés n’avait pas encore été fait en sociologie. Il était devenu nécessaire de comprendre comment des milieux sociaux que tout oppose peuvent se côtoyer au quotidien dans un univers aussi intime que le domicile, et comment se noue le rapport de travail salarié dans la maison, lieu par excellence de l’intime, du secret, de la famille, de l’amour et du désintéressement.
Son intervention s’intitule : La domesticité au fondement de la reproduction des ultra-riches.

Début avril, sera mise en ligne la vidéo de la sociologue Danièle Linhart.

Son intervention Modernisation managériale et atomisation des salariés nous fera découvrir comment les « Gens de biens » régissent les conditions de travail de leurs salariés, et permettra de comprendre le niveau atteint aujourd’hui dans la dépersonnalisation et la soufrance au travail.

Des membres de la classe des ultra riches pendant leur temps libre.
Photogramme tiré de la série TV Etats unienne «Glass Onion».
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Les orphelins

…. utilisé la très brève histoire intime de Billy the Kid, pour éclairer « littérairement » la réalité sociale et politique des Etats – Unis ; de mettre en pleine lumière comment ce pays s’est construit : par la violence, la domination patricienne, la farce d’une démocratie qui, dès l’origine fut en fait confisquée.

En explorant comment et pourquoi l’histoire de ce jeune vagabond, l’un parmi des centaines d’autres, s’est transformée en mythe, E. Vuillard brosse surtout le portrait cru et sans appel d’une société violente, prédatrice et colonialiste d’une brutalité inouïe.

« J’ai fouillé la vie du Kid, son taudis à New York lorsqu’il était enfant, la mort de sa mère, ses premiers larcins, et en partant de son histoire intime, de la vie d’un pauvre petit truand, je suis retombé sur la grand-route de l’Histoire humaine » (E. Vuillard).

Un livre qui fait immédiatement penser au chef-d’oeuvre de l’historien Etat-Unien Howard Zinn.

A la fin du XIXe siècle, dans cet Ouest, ce grand mythe planétaire où se déroula le génocide des Indiens, les grands propriétaires terriens des États-Unis firent appel à des hordes de brigands pour chasser les Indiens de leur territoire, rançonner les fermiers, chasser les petits exploitants. Des nuées de desperados furent les auxiliaires indispensables d’une accumulation de richesses sans précédent.
Puis, très vite, le pouvoir se structure avec les premières élections « démocratiques ». Les commanditaires criminels deviennent shériffs, sénateurs, gouverneurs. Il faut maintenant être propre, il faut éliminer ces bandes de hors-la-loi devenues inutiles.

« A la niche ! Silence aux pauvres ! » aurait dit Henri Guillemin.

Edition : Actes Sud ; 176 pages ; parution 28/01/2026

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Colloque Henri Guillemin 2025 – Les vidéos sont en ligne – Episode n° 4

  

Le sacrifice d’Isaac ; Tableau de Caravage, vers 1603 ; huile sur toile 104 × 135 cm ; Galerie des Offices à Florence.
Représentation non académique d’un épisode biblique tiré de la Genèse, au cours duquel Abraham s’apprête à sacrifier son propre fils Isaac afin d’obéir à l’injonction de Dieu ; un meurtre empêché au dernier moment par l’ange.

Faisant suite aux précédentes diffusions, (premier épisode le 6 janvier, deuxième épisode le 20 janvier, troisième épisode, le 6 février), nous poursuivons la mise en ligne de cette dense journée du 8 novembre 2025.

Nous avons le plaisir aujourd’hui de diffuser deux vidéos complémentaires qui concernent les « Gens de biens », à savoir, aujourd’hui, les ultra riches de l’hyper classe.

Dany-Robert Dufour est philosophe, professeur honoraire des universités, auteur d’une vingtaine d’essais, dont Les Mystères de la trinité (Gallimard), Le Divin Marché (Denoël), Baise ton prochain, une histoire souterraine du capitalisme (Actes Sud). Son nouvel ouvrage Sadique époque (Le Cherche Midi) est paru en octobre 2025.

Son intervention American psycho now, nous transporte dans le monde des ultra riches pour nous présenter la conception de la vie des gens de l’hyper classe. Il s’appuie pour cela sur le célèbre roman American psycho (1991) de Bret Easton Ellis.

Ce roman, en effet, décrit la vie d’un golden boy, trader à Wall Street le jour et tueur en série à ses moments perdus. Pour lui, il y a ceux qui ont des biens et ceux qui n’ont rien. Ceux qui n’ont rien ne sont rien. Ce sont des déchets, qu’il faut éliminer.

Un roman prémonitoire.

La seconde vidéo est un extrait des échanges avec le public qui eut lieu à la fin de la journée. Il s’agit d’un document qui complète à la fois l’exposé de Dany-Robert Dufour et l’intervention conclusive de Caëla Gillespie. Cette vidéo apporte d’utiles précisions pour comprendre la réalité de la situation générale des nouveaux rapports de domination qui s’installent à grands pas et pour appréhender les pistes de réflexion à emprunter pour y faire face et les combattre.

A la mi mars, nous continuerons l’exploration du monde des ultra riches pour étudier leur ethos à travers deux vidéos : d’une part l’intervention de Monique Pinçon-Charlot, sociologue, ancienne Directrice de recherche au CNRS intitulée Le séparatisme des riches et la violence de classe ; et d’autre part, l’exposé de Alizée Delpierre, sociologue, chargée de recherche au CNRS rattachée au laboratoire Printemps à l’UVSQ (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines), intitulé La domesticité au fondement de la reproduction des ultra-riches.

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Une vie de paria

Dans la région de Pondichéry, on les appelle paraiyar, un nom que les voyageurs européens ont transformé en paria.

On entre avec Viramma dans la boue des rizières, mais aussi dans le monde des esprits et des dieux, des jeteurs de sort, des rêves de délivrance.

Viramma raconte sa vie de paria. Ouvrière agricole asservie à une famille possédante du village de Karani, près de Pondichéry, elle est aussi sage-femme dans son quartier paria, et chanteuse.

Dans ce que dit cette voix de l’ombre, résonne aussi le rire des asservis, parfois tragique, parfois de dérision, parfois amer, souvent franc, un rire que forgent la force de vivre et la grandeur des dominés, un rire qui transfigure le destin, sur la difficile voie de l’émancipation.

Confié et recueilli dans un total esprit de confiance, ce témoignage nous vaut ce texte rare, éclairant à la fois les profondeurs d’une Inde qui bouge et l’indestructible dignité qui anime les plus méprisés des exclus, à l’heure même où nombre d’entre eux aspirent en masse à une nouvelle reconnaissance sociale et à un nouveau pouvoir. Ce livre d’écoute est un hommage à ceux qui furent si longtemps privés de parole.

Josiane Racine, Tamoule de Pondichéry, poursuit auprès de l’École pratique des hautes études, à Paris, ses recherches sur la culture populaire en Inde du Sud.

Jean-Luc Racine, son mari, directeur de recherche au CNRS, conduit au Centre d’étude de l’Inde de l’École des hautes études en sciences sociales, comme dans la revue Hérodote, des travaux portant sur les dynamiques sociales, économiques et géopolitiques de l’Inde contemporaine.

Editeur : Plon/Terre Humaine ; 625 pages ; paru en 1994.