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L’enseignement de l’Histoire en péril

Ce colloque sur l’enseignement de l’Histoire (littéraire, économique, politique) en péril, poursuit et actualise la démarche critique et les travaux d’Henri Guillemin sur le « mensonge scolaire » qu’il dénonce déjà au moment de sa thèse sur Lamartine il y a près d’un siècle : « Ce mensonge qu’on nous a raconté en classe, il est bien probable que d’autres écrivains en ont été victimes ».

L’intervention de Patrick Berthier, qui ouvre le colloque, permet de comprendre comment Guillemin a, par la suite, progressivement dépassé les limites du champ littéraire pour mener ses investigations dans celui de l’Histoire politique en adoptant une démarche d’historien. Ainsi, au sujet de la guerre franco-prussienne de 1870, il parlera de « politique de mensonge assidu ». Par ailleurs, il expliquera son opiniâtre recherche de la vérité par la nécessité de combattre la tromperie.

Edouard Mangin (4ème de couverture)

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« L’humour de Victor Hugo » par Henri Guillemin

Couverture. Ouvrage édité par Utovie – 120 pages – 15 €

La recension de Patrick Rödel

On n’en a pas fini avec la redécouverte des oeuvres d’Henri Guillemin. Seuls quelques privilégiés connaissaient le petit livre qu’il avait consacré à l’humour de Victor Hugo, publié en Suisse aux éditions de La Baconnière en 1950.

Grâce à l’obstination des éditions Utovie, ce livre est maintenant accessible. Et c’est un bonheur.
D’abord parce qu’il donne de Victor Hugo une image très éloignée du portrait que l’histoire littéraire officielle continue de véhiculer – nous sommes loin, ici, du grand-père barbu dont on écoute les leçons avec un petit sourire ironique mais dont il est de bon ton de moquer la grandiloquence.
Quel rétrécissement de la carrure d’Hugo ! Quelle ignorance de la force créatrice de l’homme qui s’exprime aussi bien dans ses lavis que dans des romans comme L’homme qui rit ou dans Les travailleurs de la mer que l’on a cessé depuis longtemps de lire pour ne retenir que Les Misérables et Notre-Dame de Paris (et plus à cause des seins de Lolobrigida-Esmeralda dans l’adaptation de Jean Delannoy en 1956) !

C’est un aspect inattendu de Victor Hugo que Guillemin, agacé par les bêtises dans lesquelles se complaisent ses commentateurs, souligne dans cette anthologie : un Victor amoureux des mots au point de jouer sur eux avec une virtuosité déconcertante et s’amusant comme un gamin des calembours, des à-peu-près, des défauts de prononciation, des cuirs qu’il recueille. Un humour potache, pas toujours du meilleur goût mais d’une efficacité redoutable quand il s’agit de croquer ses contemporains ; et il y va à pleines dents, surtout, sous le Second Empire :

L’avènement de Napoléon le petit a « eu pour lui MM. les cardinaux, MM. les évêques, MM. les chanoines, MM. les curés, MM. les vicaires, MM. les archidiacres, diacres et sous-diacres, MM. les prébendiers, MM. les marguilliers, MM. les sacristains, MM. les bedeaux, MM. les suisses de la paroisse, et les hommes religieux, comme on dit, race précieuse, ancienne, mais fort accrue depuis les terreurs propriétaires de 1848, lesquels prient en ces termes : O mon Dieu, faites hausser les actions de Lyon ! Doux Seigneur Jésus, faites-moi gagner 25% sur mes Naples – certificats – Rothschild ! Saints apôtres, vendez mes vins ! Bienheureux martyrs, doublez mes loyers ! Sainte Marie, mère de Dieu, daignez jeter un oeil favorable sur mon petit commerce ! Tour d’ivoire faites que la boutique d’en face aille mal! »

Et des diatribes de ce ton, on en trouve contre la justice, contre l’armée, contre les prisons, contre l’Académie…
Mais rien que pour le plaisir, Hugo note sur n’importe quel support. Cette chanson : « J’ai fait le bossu/Cocu/J’ai fait le beau cu/Cossu ». Cette devise pour « un décrotteur chaste » : « Pas n’aime et cire sans cesse » (faut avoir fait un  peu de latin ou avoir fréquenté les pages roses du dictionnaire…).
Ou ce portrait des prêtres qui encensent le coup d’Etat et « Entonnent leur salvum fac imperatorum/ (au fait faquin devait se trouver dans le texte) ».

Hugo s’amuse aussi avec les lettres et on y verra un précurseur d’un certain Arthur.
A propos d’Y : « Méfiez-vous de cette lettre-là ! L’Y exprime l’inondation. Regardez : qu’est-ce qu’un Y? Deux courants qui se réunissent. Un Y de plus, NOE était NOYE ! »
Quant aux chiffres, il n’est pas en reste ; il évoque la querelle du 6 et du 9 : « Tu n’es que le 9 en révolte ! Tu n’es qu’un 6 découragé! »

Les témoignages sont multiples de ses amis qui évoquent des soirées où Hugo, bonne chère et bons vins aidant, se livrait à ses plaisanteries débridées. Un gamin, dit Guillemin, un « loustic », Guillemin qui avait une faiblesse égale pour cette insolence à l’égard du vocabulaire qui ne peut naitre que chez ceux qui ont gardé une âme d’enfant découvrant les mille et un tours de la langue. A propos du gamin de Paris, dans les Misérables, ceci qui lui va parfaitement : « Il est doué d’on ne sait quelle jovialité imprévue ; il ahurit le boutiquier par son fou-rire. »

PS : je disais qu’on n’en avait pas fini avec Guillemin. Patrick Berthier qui a la patience de travailler à établir une bibliographie qui se voudrait exhaustive, nous donne, toujours chez Utovie, un complément à l’ouvrage qu’il y avait consacré, Guillemin, une vie pour la vérité, en 2016.
Et nous laisse espérer une autre édition qui incorporera les références qu’un chercheur suisse a découvertes et que les fans de Guillemin ignoraient.

Patrick Rödel


Victor Hugo esquissant un sourire avec ses petits-enfants, Georges et Jeanne en 1881 (b/w photo A. Melandri)

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par notre faute

Il est accompagné de quatre textes illustrant de façon diverse cette même thématique. « Témoignage de l’Histoire », publié en 1948 dans le volume collectif Les Chrétiens et la politique, développe un des aspects de « Par notre faute », l’attitude politique des catholiques au fil du XIXe siècle, de la Révolution à la loi de séparation de 1905. Suit le chaleureux compte rendu, en 1950, d’un essai de Karl Barth, théologien protestant d’envergure, sur le christianisme face à la guerre froide. Puis on pourra lire « Ma conviction profonde », texte plus personnel écrit en 1962 pour une émission de la radio suisse, et pour finir une brève synthèse sur Rousseau, Robespierre et Jaurès, trois grands croyants méconnus aux yeux de Guillemin.

Aucun de ces textes n’était aisément accessible, et leur lecture permet de comprendre la vision qu’a pu se faire Guillemin, entre 1937 et 1973, de ce que son cher Jaurès, justement, appelait « la question religieuse ».

Ignorer la dimension spirituelle, voire religieuse, de la quête de vérité d’Henri Guillemin serait, à coup sûr, passer à côté de cet historien hors-normes. Cette remise à disposition de textes introuvables est à ce titre nécessaire.

Patrick Berthier est également l’auteur, chez Utovie, 

d’un Henri Guillemin tel quel et d’une bibliographie exhaustive 

Une vie pour la vérité.

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Charles Péguy et Henri Guillemin

Henri Guillemin

Avant-propos : le logiciel utilisé pour la mise en ligne de nos newsletters ne permet pas de reproduire fidèlement la mise en page du texte de Catherine Dubuis, notamment les notes de bas de page.

Aussi, afin de garder la parfaite mise en forme originale, le texte, mis en format pdf, sera accessible le plus simplement du monde, en cliquant sur un lien spécifique.

Ci-dessous, les premières lignes de la note de Catherine Dubuis.

Péguy, un « raté » ?

« L’étroite voie de notre ciel propre passe toujours par la volupté de notre propre enfer. »
Nietzsche, Le Gay Savoir, 1901.

« J’ai beaucoup aimé l’article de ce lecteur de Genève au sujet de Guillemin sur Péguy, ce type m’est insupportable. Il ne cherche que l’anecdote, comme tous les gens bêtes et superficiels. »

Qui exécute Henri Guillemin de façon aussi péremptoire ? On peut lire ces lignes sans appel dans une lettre de la poétesse Pierrette Micheloud à sa mère, datée du 23 avril 1981(*).
Cette autrice, née en Valais (Suisse) en 1915, réside à Paris depuis le début des années cinquante, où elle mène une carrière de poète, de journaliste culturelle et de peintre. Elle a à son actif une vingtaine de recueils de poésie et plusieurs expositions dans la capitale française, ainsi que de très nombreux articles de critique dans diverses revues, en France et en Suisse. Elle décède en 2007 dans un hôpital du canton de Vaud. Ses archives sont déposées à la Médiathèque-Valais Sion.

Pour lire la suite du texte, cliquez ici

Colloque Henri Guillemin – les toutes dernières informations

6 novembre 2021 – Ecole Normale Supérieure – Salle Jean Jaurès

Le programme est actualisé :

Shlomo Sand, dont l’intervention était sous réserve, nous a informé que ses obligations et différents empêchements ne lui permettaient pas de se rendre au colloque.
A un mois du colloque, compte tenu des délais, il ne nous a pas été possible de trouver un remplaçant.

Même si nous aurions tous aimé écouter les propos de Shlomo Sand sur « Le crépuscule de l’Histoire », son absence ne chamboule en rien ni la structure, ni l’équilibre général de la rencontre. Une demi-heure supplémentaire sera ainsi affectée à la dernière partie du colloque, l’importante séance du dialogue entre les intervenants et le public, qui commencera à 16h00.

Pour prendre connaissance du programme actualisé, cliquez ici

Comment s’inscrire au colloque – clôture des dates :

Rien n’a été modifié pour l’inscription en ligne. Pour s’inscrire, il suffit de cliquer ici . Une fois arrivé sur la page du programme, cliquez ensuite sur le gros bouton bleu

Ouverture du colloque : nous sommes à jour J – 17
Inscriptions en ligne : nous sommes à jour J – 14 (elles se terminent le mercredi 3 novembre à 18h00)

Comme déjà indiqué, après ce délai, si vous souhaitez participer, il suffit d’adresser un mel à manginedouard@yahoo.fr en indiquant votre nom et prénom.
Toutefois, ce procédé prendra fin la veille du colloque à 20h00.

L’entrée à l’ENS :

Le portillon du 24 rue Lhomond étant fermé le samedi, il faudra sonner sur l’interphone en sélectionnant « poste de sécurité » qui déclenchera l’ouverture. Si nécessaire, dire « Colloque Henri Guillemin » ou « Salle Jean Jaurès ». photo ci-dessous.


Une fois entré, suivre les panneaux « salle Jean Jaurès ».

Conditions sanitaires :

Le passe sanitaire est obligatoire (version papier ou numérique sur phone). Il devra être présenté à notre accueil qui est en même temps chargé du contrôle des inscrits.