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Rappelle-toi, petit

Illustré par Bédé lors de sa première réédition chez Utovie dès 1978, ce récit est disponible au même catalogue depuis 1998 avec de nouvelles illustrations dues à Pascale Voillot. Auteur, pour les “grandes personnes”, du Coup du 2 décembre, où il réexamine la scandaleuse prise du pouvoir par Louis-Napoléon Bonaparte, il donne ici du même sujet une version pour enfants.

Transformé en un vieux narrateur villageois qui a vécu dans sa jeunesse le coup d’État, il veut empêcher les enfants qui l’écoutent de se faire à nouveau « monter sur la cervelle ».

Le ton familier n’empêche nullement la leçon d’histoire et de civisme d’être efficace, et toujours nécessaire puisque la politique continue de produire des arrivistes.

Du Guillemin souvent méconnu, mais pas moins salubre que l’autre.

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Reste avec nous

Au catalogue d’Utovie depuis 1989, ce petit texte bien plus ancien, illustré par Marie Fougère, y est sous-titré « Jésus, du Temple à Emmaüs » : cela en dit le sujet (la passion du Christ), mais ne permet pas de savoir en quoi il est original.

Guillemin, en effet, a confié l’évocation des événements à un témoin imaginaire, qui raconte, avec ses mots à lui, dans sa langue orale familière et pittoresque, ce qu’il a vu, parfois de loin, et n’a pas toujours compris, jusqu’à l’illumination du repas d’Emmaüs.

Une des grandes réussites d’un Guillemin méconnu, narrateur chaleureux, gouailleur et communicatif.

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La cause de Dieu

Henri Guillemin reprend, sous un titre à peine modifié, La cause de Dieu, deux études sur Lamartine et Ozanam qui ont paru, en 1944, en Suisse, dans un volume intitulé La bataille de Dieu.

Il y ajoute un long chapitre sur Rousseau et Robespierre, deux destins apparentés, dont il se souviendra quand il écrira son grand livre sur Robespierre, politique et mystique.
Son but est de »attester que l’après-Voltaire n’a pas été la disparition du christianisme. »

Les témoignages ici réunis sont ceux de « quatre hommes qui ont cru en Dieu. » Pas forcément de manière orthodoxe, pas du tout comme les chrétiens de convenance qui ne s’en servent que lorsque ce Dieu sert leurs intérêts de propriétaire. Ils ont cru en un Dieu-Amour, animés qu’ils étaient « d’une passion de la justice et d’une espérance désespérée mais invincible dans [sa] réalité vivante, et cachée. »(HG)
Guillemin est de cette famille.

« Je ne cesse de remercier le sort – le Ciel- de m’avoir accordé cette chance de naître en France plutôt qu’en Arabie ou dans l’ Inde ou en Chine et de m’avoir fait connaître ce Témoin qui se nommait Ieschoua dans sa langue araméenne et qui a cru pouvoir dire, telle était sa transparence, qu’on « voyait Dieu » à travers lui. »

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L’affaire Jésus

L’Affaire Jésus a sans doute été un des grands succès de librairie d’Henri Guillemin. Il veut, avec honnêteté, faire le point sur ce Jésus dont certains nient l’existence alors que d’autres voient en lui Dieu fait homme.
Il a lu les travaux des exégètes et des historiens des religions ; il a cherché à comprendre les avancées des théologiens parmi les plus contestataires il a médité les textes du Nouveau Testament. Il sait la fragilité des témoignages et les apports parfois très tardifs aux Évangiles. Il sait aussi que l’époque ne baigne plus dans la croyance sans histoire des siècles derniers.

Et pourtant, il ose affirmer qu’il croit en ce Dieu dont Jésus a dit qu’il était Amour. Le reste compte moins à ses yeux, les miracles, les dogmes, la discipline morale. Cela seul est essentiel. Le livre date de 1982.

Guillemin nous le propose comme un « témoignage testamentaire », le résultat de toute une vie de réflexion et de méditation. « Je sais très bien que n’a vraiment guère d’importance ce que peut dire à ce sujet quelqu’un qui n’a jamais été un créateur, mais un simple commentateur, au surplus, comme tel, très contesté. Pourtant, je me risque. Dans l’espoir d’aider peut-être, avant de mourir, quelques esprits – de jeunes esprits surtout – guettés par la tentation, trop explicable, du « à quoi bon. »

Ce texte est suivi d’un inédit sur Marie, mis au point par Patrick Berthier, qui montre jusqu’où Guillemin, à la fin de sa vie, peut aller dans la remise en cause du contenu du catholicisme.