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Histoire des catholiques français au xixème siècle

L’alliance du trône et de l’autel avait été mise à mal par les événements de la Révolution. La classe ouvrière était largement déchristianisée, la bourgeoisie citadine n’avait qu’une pratique sociale de la religion ; seule l’aristocratie, et les paysans qu’elle influençait, demeurait attachée au catholicisme.

Tout au long du XIXème siècle, pour l’Église et pour les pouvoirs politiques l’enjeu est primordial, la première pour restaurer son autorité sur les masses, les autres pour s’appuyer sur cette force de conservation sociale que représente le clergé : il faut rechristianiser la France.

Henri Guillemin retrace les épisodes de cette alliance d’intérêts croisés, de cette conjonction de cynismes symétriques, de ces manœuvres parfois peu reluisantes. Mais il croise, chemin faisant, de hautes figures du catholicisme (Lacordaire, Ozanam) qui illustrent la fidélité à l’exigence évangélique de soucis des pauvres. C’est vers eux que va son cœur.
En attendant la venue de celui qui tentera de réconcilier le christianisme et le socialisme : Marc Sangnier.

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1848 la première résurrection de la République

La bourgeoisie dormait sur ses deux oreilles – la Révolution montagnarde (1792/1794) était loin ; l’Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet avaient consolidé son pouvoir ; il y avait bien eu quelques peurs en 1830, mais tout était vite rentré dans l’ordre. On pouvait continuer de s’enrichir en paix et tant pis pour les pauvres.

La misère du peuple est de plus en plus insupportable et les idées socialistes gagnent du terrain. Il suffit d’une étincelle pour qu’un soulèvement se produise. « L’ordre social est menacé, dans toute l’Europe, par une nouvelle invasion de barbares », écrit Montalembert, en janvier 1848.

Henri Guillemin retrace les péripéties politiques de ces quelques mois où l’avènement d’une république authentique fut sur le point de se réaliser. De nouveau l’espoir se réveillait, et dans toute l’Europe. Mais la bourgeoisie ne pouvait laisser ses intérêts vitaux menacés par une poignée d’irresponsables qui excitait le peuple. La répression, lors des journées de juin, fut terrible. La grande peur des bien-pensants débouche toujours sur des massacres commis au nom de la défense de l’ordre.

On suit au jour le jour, avec Guillemin, les différents événements de cette tragédie qui déboucheront sur le triomphe de la bourgeoisie prête, une fois de plus, à s’en remettre à un régime autoritaire. Après l’oncle, le neveu.

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Le coup du 2 décembre

Louis-Napoléon Bonaparte, précurseur des dictatures modernes, telle est la thèse d’Henri Guillemin dans Le Coup du 2 décembre.

Rassurant les « honnêtes gens’, selon la formule de La Fayette que déteste Guillemin, démocrate d’apparence, plus intelligent qu’il n’a été dit, Louis Napoléon s’entoure d’aventuriers qui ne voient que les bénéfices qu’ils peuvent retirer de la mise en coupe réglée des richesses du pays.

Comme toujours, Guillemin est irremplaçable pour nous faire assister aux événements qui, de 1848 à 1851, jalonnent la montée de Louis-Napoléon vers le pouvoir personnel. Mélange de coups de force et de roublardise que la bourgeoisie laisse faire parce qu’elle attend d’un pouvoir fort la consolidation de sa propre domination. Louis-Napoléon sait se présenter comme l’indispensable rempart contre les classes populaires et restaurer l’Empire – second du nom -.

Pour contrer les attaques de ceux qui l’accusent de partialité, Guillemin n’utilise à peu près exclusivement que les témoignages laissés par les « amis de l’ordre », n’accueillant qu’avec réserve ceux de ses adversaires. Le résultat est confondant.

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L’avènement de M. Thiers

Henri Guillemin ne porte pas Monsieur Thiers dans son cœur. Il retrace le déroulement de la carrière de cet homme politique que tous les historiens encensent, en démontrant qu’il n’a jamais obéi qu’à une seule préoccupation : défendre les intérêts de la bourgeoisie et le sacro-saint principe de l’inviolabilité de la propriété contre les idées abominables des socialistes.
Pour ce faire, il était prêt à tout.

Le Second Empire n’avait pas suffisamment reconnu ses mérites. Les événements qui suivent sa défaite vont lui permettre de mettre en œuvre la politique qu’il préconise depuis longtemps.
Le Gouvernement dit de Défense nationale, gouvernement qui se dit républicain, n’a qu’une hâte : signer la paix avec Bismarck pour avoir les mains libres vis-à-vis des ennemis de l’intérieur que constituent les ouvriers parisiens et éviter que la contagion ne gagne la province.
Thiers observe.

Quand l’insurrection éclate, Thiers, sans approuver la sanglante répression des Communards, sait tirer les marrons du feu pour établir cette « République conservatrice » qu’il appelle de ses vœux.
Un livre qui met à mal bien des récits édifiants de notre histoire nationale.