Suite du colloque sur Emile Zola – 12 novembre 2022
Après l’introduction et l’exposé de Patrick Berthier (newsletter du 31/01/23), René-Pierre Colin monte à la tribune pour la deuxième intervention.
Elle s’intitule : « Guillemin face au naturalisme, ce qu’il a bien vu et ce qu’il a moins bien vu ».
René-Pierre Colin présente la nature et l’origine du mouvement littéraire appelé naturalisme dont Émile Zola était le principal représentant. Ce mouvement cherchait à rendre compte « scientifiquement » de la réalité sociale dans tous ses aspects, y compris les plus immoraux ou vulgaires. Une description reposant sur un travail minutieux de documentation et d’enquêtes de terrain.
Pour Zola, la loi implacable du déterminisme social explique la destinée tragique de ses personnages, notamment ceux issus des classes défavorisées. C’est l’une des raisons qui montre la ferveur de Guillemin pour Zola, et c’est ce qu’explique René-Pierre Colin.
Intervention de René-Pierre Colin
« Guillemin face au naturalisme, ce qu’il a bien vu et ce qu’il a moins bien vu »
René-Pierre Colin, Professeur émérite, agrégé de lettres, docteur d’Etat et docteur en littérature comparée.
Prochain épisode : vers début mars avec Alain Pagès.
Colloque du 12 novembre 2022 – Salle Dussane – ENS (Ulm-Paris)
Colloque Guillemin/Zola – un engagement littéraire et politique
Emile Zola est mort accidentellement le 29 septembre 1902, il y a 120 ans. Nous avons saisi cette occasion comme un anniversaire permettant de parler de ce grand écrivain doublé d’un militant politique. Ce double engagement, littéraire et politique, se reflète aussi dans les travaux et la démarche d’Henri Guillemin. Emile Zola, comme Gustave Flaubert, Lamartine, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, et d’autres, fait partie de ces grands écrivains à propos desquels Guillemin a le plus écrit.
Tout cela nous a conduit à organiser deux colloques sur Zola, assemblés dans un diptyque, sur deux années consécutives.
Le 12 novembre 2022, s’est tenu le premier volet de ce dispositif. Un colloque entièrement consacré à la littérature.
Fin novembre 2023, se tiendra le second volet, consacré à l’affaire Dreyfus, dont on connaît la façon dont Zola s’y est engagé.
Le colloque du 12 novembre a fait l’objet d’une nouvelle organisation par rapport à nos précédentes manifestations : – format exceptionnel d’une demi-journée, – temps d’intervention plus long, de quarante-cinq minutes, – trois exposés sur la façon dont Guillemin s’est investi littérairement dans les vingt volumes des Rougon-Macquart, et sur le courant littéraire du naturalisme, dont Emile Zola était le principal représentant.
Les vidéos seront diffusées de façon séquencée, l’une après l’autre, dans l’ordre du déroulement du colloque.
Aujourd’hui, nous commençons par l’introduction du colloque et l’intervention de Patrick Berthier. Suivront, tous les quinze jours, celle de René-Pierre Colin, puis celle d’Alain Pagès et enfin celle des échanges avec le public.
Introduction par Edouard Mangin, président de LAHG
Intervention de Patrick Berthier
« Guillemin lecteur et défenseur de Zola. Un panorama général«
Patrick Berthier, ancien élève de l’ENS, agrégé ès lettres, docteur d’Etat.
Prochain épisode : vers mi-février avec René-Pierre Colin.
L’Association « Les Amis d’Henri Guillemin (LAHG) » vous présente ses meilleurs vœux pour cette Nouvelle Année 2023, année qui signe l’ouverture de sa huitième année d’activités.
En cette date, recevez nos chaleureux remerciements pour votre fidèle accompagnement, pour vos encouragements, vos suggestions, et, de manière générale, votre soutien, pour nous donner l’énergie de poursuivre notre mission.
En réponse à vos souhaits, nous avons mis en ligne, durant les premiers mois de 2022, les vidéos des interventions du colloque du 06/11/21, l’une après l’autre, de façon espacée. Cela a, en effet, été grandement apprécié.
Cette méthode a-t-elle permis de… disons, de mieux apprécier les contenus ? Oui, sans aucun doute, puisqu’ils étaient d’importance et méritaient amples pensées. En tout cas, cette diffusion allongée a permis de prolonger le temps de réflexion sur cet important sujet, celui de la transmission de la vérité historique basée sur les faits, contre celui de l’enseignement actuel basé sur de faux consensus idéologiques.
Il est heureux d’observer que le thème de ce colloque n’a pas laissé indifférent.
Il apparaît donc qu’il faille poursuivre le travail de mise à nu des postures du consensus qui visent à masquer, édulcorer, voire à travestir la vérité des faits ; qu’il faille donc persister à déconstruire ce que certains de nos plus fidèles adhérents nomment « le système d’enfumage » des messages officiels. Bref, en 2023, il est toujours utile et nécessaire de progresser sur les pas d’Henri Guillemin.
L’association continuera donc d’avancer sur ce chemin.
Nous ouvrons 2023, une année riche en activités et en mobilisation, particulièrement concentrée sur l’une de nos actions majeures : l’organisation de colloques.
D’abord, le dernier en date. Nous allons mettre en ligne les vidéos ainsi que les textes des interventions du colloque du 12 novembre 2022 sur Emile Zola.
Puis, nous allons continuer de préparer le prochain colloque relatif à l’Affaire Dreyfus. Ce colloque est prévu à la fin de l’année 2023 à une date non encore fixée mais, nous l’espérons, se tiendra dans la deuxième quinzaine de novembre 2023, voire tout début décembre.
Sans faiblir nous allons, bien entendu, continuer à tenir nos chroniques régulières à travers nos « newsletters ». Les sujets à investiguer sur les pas de Guillemin sont nombreux par les temps qui courent.
Et pour commencer l’année 2023, voici …
Colloque du 12 novembre 2022
Ce dernier colloque était consacré à Emile Zola pour les 120 ans de sa disparition survenue le 29 septembre 1902.
Sous-titré « Guillemin/Zola, un engagement littéraire et politique« , le colloque a porté sur les rapports étroits entre l’écrivain engagé et le regard critique d’Henri Guillemin.
Dans un format exceptionnel d’une demi-journée mais avec des temps d’interventions plus longs, de quarante-cinq minutes, trois exposés ont permis d’étudier et de présenter le courant littéraire du naturalisme, dont Emile Zola était le principal représentant, et de montrer comment Guillemin s’est investi littérairement dans les vingt volumes des Rougon-Macquart, oeuvre maîtresse de Zola.
Comme pour nos précédents colloques, les interventions ont été filmées.
Les vidéos seront mises en ligne très prochainement. Elles seront diffusées de façon séquencée, l’une après l’autre, dans l’ordre du déroulement du colloque, à partir de la mi-janvier.
Exceptionnellement, compte tenu du format du colloque et du fait que nous retrouverons Zola en novembre de cette année pour l’affaire Dreyfus, les actes bénéficieront de deux éditions : Une première fois au cours du premier trimestre de cette année. Les textes des interventions seront diffusés en version numérique sur notre site. Puis, une seconde fois, en version papier, intégrés aux textes du prochain colloque sur l’affaire Dreyfus – colloque d’une journée entière – formant ainsi un ouvrage copieux rassemblant l’ensemble des deux colloques, ouvrage qui sera publié autour de l’été 2024, par les éditions Utovie.
Colloque de fin novembre 2023
Ce prochain colloque sera consacré à l’affaire Dreyfus.
Il visera à présenter l’ensemble des facettes de cet immense scandale d’Etat. Parmi elles, le contexte socioculturel et politique de l’époque, les clivages et antagonismes frontaux opérant au sein de la sphère politique, les rapports de classes, l’émergence des principes républicains fondamentaux, ainsi que les mouvements profonds ayant travaillé le champ social de cette fin du 19e siècle.
Une affaire complexe, hautement politique, révélatrice d’un état de crise d’avant-guerre, dont l’importance et les causes profondes continuent d’être, encore aujourd’hui, le sujet d’analyses et de recherches actives.
Ce colloque est important. Il est en pleine préparation. Le montage de l’équipe des intervenants suit son cours et poursuit le rythme heureux de son élaboration. Nous espérons pouvoir mettre en ligne le pré-programme avant la fin du premier trimestre.
Quant à la date, il est encore bien trop tôt pour que nous soyons en mesure de vous permettre de l’inscrire en lettres indélébiles dans vos agendas. Nous aimerions être en mesure de vous donner dés à présent cette prochaine date, tellement ce colloque « Dreyfus » est nécessaire pour la connaissance en général et pour la pensée critique en particulier.
Mais la Contingence, telle une Force mythologique de la Grèce Antique, nous oblige à nous soumettre à Chronos. A savoir, à l’organisation de l’Ecole Normale Supérieure (ENS-Ulm) et à son agenda interne.
Seulement fin août prochain, nous connaîtrons la date exacte pouvant nous être accordée. Nous avons déjà pris des options pour trois samedis qui sont : 18/11, 25/11 et 02/12.
A suivre donc.
A nouveau, nos meilleurs voeux à toutes et à tous.
Catherine Seylaz-Dubuis – photographie de Sophie Godel
Introduction
En juillet 2021, Catherine Seylaz (nom de plume Dubuis), nous proposa un texte relatant un souvenir d’enfance à propos d’une conférence de Guillemin sur Paul Claudel, donnée à Lausanne en 1955. Texte qui donna lieu à une newsletter diffusée le 14 juillet et dont voici un court extrait : « …Enfin, voici le souvenir d’un homme allant et venant sur la scène de l’Athénée; il parle de Claudel, et il pleure, tant l’évocation de ce grand poète l’émeut. La salle se tait, figée, la bonne société bourgeoise de Lausanne, embarrassée, ne sait trop comment recevoir ce témoignage à vif, ces propos enflammés auxquels elle n’est guère habituée…. » Pour lire la lettre, cliquer ici.
Quelques mois plus tard, au mois d’octobre, nous reçûmes un deuxième texte, cette fois-ci consacré aux rapports Henri Guillemin/Charles Péguy. Pour lire la lettre, cliquer ici.
Puis, à l’occasion de la Nouvelle Année 2022, Catherine Seylaz m’adressa une belle surprise : un échange épistolaire inédit entre Henri Guillemin et une jeune étudiante pleine de fougue qui l’apostrophait vivement au sujet de ses critiques contre Napoléon Bonaparte, dont voici un extrait : « … les photocopies d’un échange épistolaire datant de 1968 entre son amie Anne Rivier, alors jeune étudiante, et Henri Guillemin, suite à une conférence qu’il venait de donner sur Napoléon 1er…. L’étudiante, avec la fougue de la jeunesse, apostrophait l’historien en lui déclarant son désaccord sur la façon avec laquelle Guillemin avait démoli la statue du héros national. Guillemin lui répondit aussitôt…. »
Quelques jours avant le colloque sur Emile Zola (12 novembre 2022), Catherine Seylaz nous a fait parvenir un nouveau texte concernant cette fois-ci Benjamin Constant, personnage qui fait partie des bêtes noires de Guillemin, à côté de George Sand, Alfred de Vigny et quelques autres.
Henri Guillemin, Benjamin Constant et Léonard Burnand. Par Catherine Seylaz-Dubuis.
Editions Perrin – 350 pages – 23 €
Léonard Burnand a publié en mars 2022 une ample biographie de Benjamin Constant chez Perrin, sobrement intitulée Benjamin Constant. Léonard Burnand dirige l’Institut Benjamin Constant, sis à l’Université de Lausanne, préside l’Association Benjamin Constant, collabore à l’édition des Œuvres complètes de Constant et préside le comité de rédaction des Annales Benjamin Constant. Il est par ailleurs professeur d’histoire moderne à l’UNIL (Université de Lausanne), et auteur de plusieurs livres. dont Necker et l’opinion publique (2004) et, en collaboration, Germaine de Staël, l’esprit de liberté (Perrin, 2017).
C’est comme constantien largement reconnu que j’étais impatiente de voir à quelle sauce Burnand allait assaisonner notre Henri Guillemin, dont la détestation de Constant est patente. [cf. Benjamin Constant muscadin – éd. Utovie ; pour en savoir plus cliquer ici – N.d.l’E].
Dans son Introduction, Burnand explore « l’image posthume » du personnage, « tout aussi ambivalente que celle qui s’est développée de son vivant1 ». Et il fait une assez large place à Guillemin, qu’il introduit à la suite d’une « prédiction » de François Mauriac, admirateur de Constant (« Benjamin Constant a des ennemis éternels2 ») : « le redoutable Henri Guillemin s’apprête à descendre dans l’arène pour réactiver la légende noire3. »
Disons tout de suite que les propos de Burnand m’ont surprise par leur modération. Je m’attendais à une exécution en règle, et certes, les termes « en prétendant révéler », « ces prétendus imposteurs », « une prétendue “conspiration du silence”», accumulés sur quelques lignes, soulignent les sérieuses réserves du chercheur à l’égard de la démarche de l’historien Guillemin. Ce dernier « affectionne le genre du livre “à charge” », « cherche à déboulonner certaines idoles », possède « un tableau de chasse bien garni », « mène contre Benjamin une croisade acharnée […], véritable entreprise de démolition », etc.
Que voici le portrait d’un redoutable prédateur des lettres ! Plus grave, l’accusation de manipulation des sources, mettant en évidence le côté « hautement contestable du point de vue méthodologique » du livre que Guillemin consacre à Constant4 reprend l’essentiel des virulents reproches émis par la plupart des historiens, mais sur un ton toujours très mesuré. Comme si l’auteur se gardait bien de tomber dans les mêmes outrances que l’on a reprochées à l’essayiste.
Léonard Burnand est né en 1977. Il est titulaire d’une Licence ès lettres (2003) et d’un Doctorat ès lettres (2008) à l’Université de Lausanne.
Par ailleurs, Burnand n’est pas insensible aux côtés séduisants du personnage de Guillemin : « essayiste et conférencier à succès », « fougueux essayiste » ; son livre « incendiaire et outrageusement partial » « ce brûlot », est cependant doté « de verve et d’humour ».
Burnand reconnaît à Guillemin un « talent de pamphlétaire », mais qui a eu « un effet dévastateur pour l’image de Constant auprès d’une partie du public », participant activement à la consolidation de la « légende noire » qui poursuit le personnage.
Les énormes travaux conduits par les historiens dès le début des années 1980 sur l’œuvre de Benjamin Constant ont amené un climat plus apaisé. L’angle « scientifique » sous lequel elle est envisagée désormais suscite des interprétations plus sereines, moins polémiques. « L’histoire, conclut Léonard Burnand, semble graduellement prendre le pas sur la légende. »
L’adjectif « scientifique », orné de guillemets par l’historien lui-même, notons-le, m’a renvoyée à cet article d’Henri Guillemin5, qui éclaire, s’il en était besoin, sa démarche, et pointe clairement ce qui la sépare de la méthode historienne « scientifique ».
A mes yeux, il ne s’agit pas du même « métier », même si Guillemin se considère comme historien (« Le rôle de l’historien est de dénouer les masques et d’arracher les oripeaux6. »). Sa méthode subjective, affective et émotionnelle (tout en étant basée sur un travail de documentation fouillé), qui dit haut et fort ses amitiés et ses détestations, n’est évidemment pas celle d’historiens tels que Burnand. Certes, « tout critique […] sait parfaitement, dans son for intérieur, ce qu’il pense de l’écrivain qu’il étudie. […] il est loyal, et simplement honnête, d’avouer avec franchise le penchant qu’on éprouve pour l’auteur dont on traite ou l’éloignement qu’il vous inspire7. »
Mais, là où l’historien met en sourdine ses antipathies, le chercheur façon Guillemin leur laisse libre cours : « Je n’aime pas Benjamin Constant. […] Tout compte fait, de tant de documents interrogés, de tant d’écrits lus et relus, l’homme que l’on voit apparaître me glace, m’est odieux8. »
Il en a le droit, mais cela ne fausse-t-il pas un peu la lecture ?
Caricature de Benjamin Constant en caméléon vers 1820 – Bibliothèque de Genève
En conclusion, parmi ces mêmes aveux, cette caricature de Benjamin (on sait que Constant a été abondamment caricaturé par les dessinateurs dans les journaux de l’époque), que Guillemin ne peut s’empêcher d’offrir à ses lecteurs, après quelques douceurs concédées (« Constant écrit admirablement […] Un écrivain du premier rang ») :
« Paix à ses cheveux jaunes, à ses taches de rousseur, son petit ventre rond sous sa poitrine creuse, sa vérole, son air entendu, et sa myopie clignotante. »
Catherine Seylaz-Dubuis
1 Léonard Burnand, Benjamin Constant, Paris, Perrin, 2022, p. 11.
2 François Mauriac, « Quelqu’un ou personne », Le Figaro littéraire, 6 octobre 1956, p. 1 et 7.
3 Léonard Burnand, op.cit., p. 15. Toutes les citations qui suivent : pp. 16-19.
4 Henri Guillemin, Benjamin Constant muscadin(1795-1799), Paris, Gallimard, 1958 ; rééd. Utovie, 2009.
5 Henri Guillemin, « Aveux spontanés », Journal de Genève, 16-17 février 1952, cité par Léonard Burnand, p. 16.
6 Henri Guillemin, « Benjamin l’imposteur », Le Nouvel Observateur, 18 octobre 1967, cité par Léonard Burnand, p. 17.
…. mais il est encore possible d’offrir le coffret « DVD Guillemin et l’affaire Pétain ».
Il reste quelques exemplaires sur le lot que nous avons pré acheté aux Mutins de Pangée. Profitez-en.
Offre spéciale : 30 € au lieu de 35 € (frais de port offerts).
Qui était vraiment Philippe Pétain ? Henri Guillemin, par un travail exemplaire de démythification historique, dresse le portrait d’une figure emblématique de l’Histoire française.
En mai 1981, Henri Guillemin inaugure une nouvelle série de 12 leçons d’Histoire à travers l’émission Henri Guillemin vous parle diffusée sur l’antenne de la Radio Télévision Suisse (RTS). Il explore toujours son thème de prédilection, celui de la trahison des élites, des gens de biens, à travers le décryptage de grands événements ou de grandes figures historiques.
Après avoir exposé avec brio la traîtrise de Thiers et des Versaillais pendant la guerre de 1870 et la Commune de Paris, Henri Guillemin s’attaque cette fois-ci à Pétain et au gouvernement de Vichy.
Ce coffret est co-édité avec les Éditions Utovie. Il est soutenu par un partenariat avec Les Amis d’Henri Guillemin (LAHG).