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Colloque 2025 – Interview exclusive de Michel Cabannes

Comme c’est l’usage depuis la création de LAHG, le colloque s’ouvrira, comme il se doit, par une présentation introductive visant à replacer les travaux d’Henri Guillemin sur les rapports entre dominants et dominés dans leur perspective historique, afin d’expliciter sa vision des « Gens de biens/Gens de rien », son expression fétiche.

Puis le colloque se déroulera de manière à faire le point sur la situation, aujourd’hui, des « Gens de Biens et des Gens de Rien ».

Pour cela il est nécessaire de poser au préalable le cadre général de la problématique dans lequel vont se déployer les différents exposés.
A commencer par définir les termes de « néolibéralisme », de « ultralibéralisme », voire de « ultralibéralisme libertarien ».

C’est le sens de l’intervention de Michel Cabannes qui s’intitule L’inspiration ultra-libérale des politiques économiques : origines, applications, implications.
Elle présentera les origines historiques de ce régime politique et économique, ses raisons d’être, ses effets et ses conséquences sur l’ensemble des populations.

Michel Cabannes a publié :

« La gauche à l’épreuve du néolibéralisme », Le Bord de l’eau, Lormont, 256 p, 2015.

« La trajectoire néolibérale. Histoire d’un dérèglement sans fin », Le Bord de l’eau, 186 p. 2013.

« Les finances locales sur la paille ? Des vaches grasses aux vaches maigres ». Le Bord de l’eau, 152 p, 2011.

« Les politiques conjoncturelles », Armand Colin, collection Synthèse, 96 p., 1998.

« Introduction à la macroéconomie », Armand Colin, collection Cursus, 182 p., 1995.

« La politique macroéconomique », Armand Colin, collection Cursus, 182 p., 1994.

Comme nous l’avons fait pour nos précédents colloques, afin de permettre à nos adhérents et abonnés de mieux vous connaître, cette première question : pouvez-vous vous présenter ?

Je suis universitaire à la retraite. J’étais maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux (ex université Bordeaux Montesquieu). J’étais membre du Groupe de recherches en économie théorique et appliquée (GRETHA). J’ai travaillé principalement dans les domaines de la macroéconomie, des politiques économiques comparées, des finances publiques et des finances locales. Cela a donné lieu à la publication de six ouvrages.

En marge de la vie professionnelle, j’ai été élu local (1989-2014), comme adjoint au maire de Pessac (Gironde), chargé du budget et des finances. J’ai été également membre du Conseil économique social et environnemental régional d’Aquitaine (2001-2007), pour lequel j’ai fait des rapports sur des indicateurs de l’économie régionale.

Je participe actuellement à plusieurs associations, notamment sous la forme de conférences sur des thèmes économiques et sociaux. Je suis un des animateurs du Café économique de Pessac qui existe depuis 2003.

Vous faites partie du groupe de recherche appelé « Les économistes atterrés ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ce groupe : ses axes de recherches, sa raison d’être, son histoire.

L’association « Les économistes atterrés » a pour but d’impulser la réflexion collective en économie pour animer le débat citoyen. Elle regroupe des économistes hétérodoxes d’orientations diverses mais qui ont en commun de s’opposer au libéralisme économique et de considérer que d’autres politiques sont possibles (autres que celles qui prévalent depuis plusieurs décennies).
Elle a été crée en 2010 sur la base d’un Manifeste en réaction aux politiques économiques européennes qui, peu après la crise de 2008, choisissaient l’austérité au risque de faire replonger les économies dans la récession et le chômage massif.

L’association publie régulièrement des analyses sur de nombreux sujets et des livres proposant des politiques alternatives (ex. sur la dette publique ou sur les besoins à satisfaire) ; elle organise aussi périodiquement des conférences et anime des blogs sur les sites d’Alternatives économiques et de Mediapart.

Qu’est-ce qui vous a amené à consacrer votre travail dans le domaine de l’économie critique ?

Il m’est apparu que l’économie orthodoxe ne permet pas de comprendre le fonctionnement de l’économie et de la société (absence des rapports sociaux, caractère réducteur des comportements formalisés, etc.).
Cette approche occulte les phénomènes de domination et d’exploitation, ce qui sert les intérêts des catégories sociales privilégiées.

Elle est également très insuffisante pour traiter les enjeux écologiques. L’économie dominante sert à justifier des politiques à l’efficacité économique discutable et aux effets sociaux et écologiques délétères.

Ayant été chargé de plusieurs cours sur les politiques économiques à partir des années 1980, j’ai suivi leur évolution à l’inverse d’une satisfaction équilibrée des besoins de la population dans les pays développés et à l’échelle mondiale. Elles ont contribué ainsi à retarder la résolution des problèmes économiques, sociaux et écologiques qui s’accumulent.

L’enseignement et la recherche en économie sont depuis de nombreuses années, régis par une doxa intangible qui conduit à l’envisager et à l’enseigner sous l’angle quasi unique des mathématiques. Comment avez-vous réussi à vous imposer en tant qu’enseignant en économie hétérodoxe à l’université ?

La montée de l’économie mathématique est utile pour faire progresser la connaissance en permettant de tester des régularités statistiques, d’écarter certaines hypothèses et d’en valoriser de nouvelles. Mais son utilisation actuelle est discutable : elle sert de principal critère de sélection des travaux de recherche au détriment d’autres travaux utiles ; elle permet souvent d’occulter des aspects théoriques ; elle fait reculer le pluralisme des approches en économie.

Dans mon université, dans les domaines qui m’ont été confiés, j’ai bénéficié d’échanges productifs avec d’autres collègues partageant les mêmes préoccupations et je n’ai jamais eu à subir des interférences de la part des autorités qui auraient restreint ma liberté.

Connaissez-vous les travaux d’Henri Guillemin ?

Henri Guillemin était un intellectuel très actif sur plusieurs fronts. Formé à l’Ecole normale supérieure et agrégé de lettres, il est devenu professeur d’université. Il a écrit une œuvre considérable dans les domaines de l’histoire et de la littérature. En outre, il était également conférencier, homme de radio et de télévision en France et en Suisse où il a eu beaucoup d’influence.

Chrétien de gauche, il était proche de Marc Sangnier, créateur et animateur du mouvement Le Sillon, ainsi que de François Mauriac. Il était sensible aux injustices et au fossé entre les catégories sociales.

Ses travaux sur des personnages historiques (tels que Jaurès, Robespierre ou Voltaire) mettaient l’accent sur leur positionnement moral par rapport aux problèmes sociaux. Cela donnait lieu de sa part à des avis tranchés, ce qui a pu susciter parfois des controverses avec d’autres historiens.
Son approche et son style lui ont valu durablement une large audience auprès du public.

Sans déflorer le contenu de votre exposé au colloque, pouvez-vous, en quelques mots, nous indiquer comment sera structurée votre intervention, ses lignes de force ?
En quelque sorte, mettez-nous l’eau à la bouche ! 

Le néolibéralisme (qualificatif souvent retenu) est né durant l’entre-deux guerres en Europe pour rénover le libéralisme économique en difficulté ; après la IIème guerre mondiale, sa diversité initiale a fait place à l’ultralibéralisme hégémonique inspiré notamment par Hayek et Friedman. Cette approche l’a emporté auprès des « élites » sur le keynésianisme lors de la crise du compromis social dans les années 1970.

La « néo-libéralisation » des politiques économiques depuis le début des années 1980 (libération des forces du marché, « constitutionnalisme économique », pressions sur les budgets publics et sociaux) a conduit à l’émergence d’un capitalisme néolibéral, financiarisé et mondialisé avec un Etat social persistant mais contesté.

Les implications de cette mutation ont été favorables au capital et aux plus riches, mais néfastes au plan économique (absence de « ruissellement »), destructrices au plan social (inégalités et précarité accrues), néfastes pour la société (lien social) et pour la vie politique (défiance, populisme).

Les difficultés des 20 dernières années conduisent à des transformations des politiques.
D’une part, la néo-libéralisation interne persiste avec des interventions de l’Etat pour sauver le système économique, et même s’accentue avec parfois l’émergence de libertariens au pouvoir.
D’autre part, la néo-libéralisation internationale régresse avec le coup d’arrêt donné à la mondialisation y compris par ceux qui l’avaient promue.

Tsunami ultralibéral.
Illustration sardonique du principe du ruissellement des riches vers les pauvres, fondement de la théorie économique néolibérale.

Cette création numérique porte aussi le titre de
Tsunami ou L’Hybris ultralibéral
Illustration également sardonique en référence au mythe des Grecs antiques de l’Hybris, cet énorme orgueil humain à vouloir dominer la Nature et l’Ordre de l’Univers, une prétention forcément impossible et inéluctablement frappée de catastrophes.

Image de synthèse, auteur inconnu, publiée dans le média numérique indépendant Cointribune, media spécialiste dans l’actualité financière des blockchain.

Sur quels travaux, projets, travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille principalement sur la domination de l’idéologie néolibérale sur l’économie et sur la société et les possibilités de son dépassement.

Alors que la victoire du capitalisme est incontestée à l’échelle du monde après l’échec des économies planifiées, j’aborde les rapports complexes entre ce système et la démocratie au vu des tendances récentes et j’explore les possibilités de dépassement du capitalisme.

Le programme :

Le programme détaillé est prêt. Pour découvrir les intervenants qui, à travers leurs exposés, actualiseront le clivage « Gens de biens/Gens de rien ; Silence aux pauvres », cliquez ici.

Lieu et date :

Comme les précédents, le prochain colloque se déroulera dans la salle Dussane de l’Ecole Normale Supérieure (ENS – Ulm). Concernant la date, nous sommes toujours tributaires des règles administratives de l’ENS qui ne peut confirmer les demandes extérieures qu’à la fin du mois d’août. Nous avons demandé quatre dates avec ordre de priorité suivant :

Priorité 1 : Samedi 15 novembre 2025
Priorité 2 : Samedi 29 novembre 2025
Priorité 3 : Samedi 8 novembre 2025
Priorité 4 : Samedi 11 octobre 2025

Dès fin août/début septembre, quand la date définitive aura été fixée, nous diffuserons une newsletter présentant tous les détails pour assister.

Modalités d’inscription :

Aucun changement par rapport aux colloques précédents. S’inscrire au colloque se fait toujours par Internet, sur un site dédié, entièrement sécurisé. Ce site sera ouvert dès début septembre.

Photo montage LAHG. Caricature des trois ordres imprimée en 1789 / Couverture du livre éducatif en 2024 de Equipo Plantel et Joan Negrescolor, Ed. Rue de l’échiquer.
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En amont du prochain colloque

Photo montage LAHG. Caricature des trois ordres imprimée en 1789 / Couverture du livre éducatif en 2024 de Equipo Plantel et Joan Negrescolor, Ed. Rue de l’échiquer.

Comme vous le savez, notre prochain colloque est entièrement finalisé. Le programme détaillé est disponible en cliquant ici. Il ne reste que la date définitive à obtenir que nous connaîtrons seulement fin août puisque nous sommes tributaires des procédures administratives de l’Ecole Normale Supérieure. Par sécurité, nous avons demandé un faisceau de quatre dates qui sont les suivantes :

Priorité 1 : Samedi 15 novembre 2025
Priorité 2 : Samedi 29 novembre 2025
Priorité 3 : Samedi 8 novembre 2025
Priorité 4 : Samedi 11 octobre 2025

« Gens de biens, gens de rien – Silence aux pauvres » est le thème général du colloque qui sera développé à partir de cette expression célèbre d’Henri Guillemin, utilisée et analysée en détail dans son ouvrage Silence aux pauvres, qu’il rédigea avec fougue pour la célébration du bicentenaire de la Révolution française en juillet 1989.

Le sous-titre du colloque « Réalités contemporaines du capitalisme ultra libéral » indique clairement les sujets des sept interventions : le silence aux pauvres, en 2025, c’est quoi ?

La composition du colloque s’est tout naturellement inscrite dans ce clivage Gens de biens/Gens de rien. Ainsi, la matinée sera consacrée aux Gens de rien pour présenter la réalité de ce qu’ils endurent aujourd’hui dans le monde du travail, ce champ essentiel que nous avons choisi en priorité puisque c’est là que se crée la valeur des marchandises, base du système  ; l’aprèsmidi portera sur les Gens de biens, les dominants, les hyper riches ; qui sontils, d’où viennentils, que fontils.

En ce début du mois de mai, à l’approche du colloque, vient le moment d’aller plus avant dans la présentation des contenus et des intervenants. Avant de diffuser les futures interviews exclusives de chacun d’entre eux, actuellement en cours d’élaboration – trois ou quatre seront mises en ligne avant les vacances d’été, les autres à la rentrée – , voici un résumé de leur parcours et de leurs travaux, présenté selon l’ordre du programme.

Nous renvoyons au programme pour ce qui concerne les titres et résumés des interventions.

Michel Cabannes, Maître de conférences en Economie à l’université de Bordeaux.

Le thème du colloque rend nécessaire de poser au préalable, le cadre général de la problématique dans lequel vont se déployer les différents exposés. A commencer par définir les termes de « néolibéralisme » et de « ultralibéralisme » et tout ce que ces mots recouvrent comme réalité concrète, au-delà du mot « liberté » qui les compose. C’est le sens de l’intervention de Michel Cabannes qui présentera les origines historiques de ce régime politique et économique, ses raisons d’être, ses effets et ses conséquences sur l’ensemble des populations.

Parmi ses ouvrages, citons deux livres essentiels :
La trajectoire néolibérale: Histoire d’une dérèglement sans fin. Ed. Au bord de l’eau (pour en savoir plus, cliquez ici)

La Gauche à L’épreuve du néolibéralisme, qui en est le complément.
Ed. Au bord de l’eau (pour en savoir plus, cliquez ici)

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Camille PEUGNY, Sociologue, professeur à l’UVSQ (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

Le déclassement, la reproduction sociale des inégalités, la permanence de la stratification sociale, constituent le cadre général des travaux de Camille Peugny. Un des effets pervers de l’ultralibéralisme est de promouvoir, au nom de la liberté individuelle, le système de l’auto entreprenariat, comme accès facile et prestigieux à la réussite sociale pleine et entière. Bien sûr, il s’agit d’une illusion pour les gens de rien ou de peu.

Les recherches de Camille Peugny portent justement sur cette réalité : rendre compte de l’attrait qu’exerce le modèle de l’indépendance auprès de salariées précaires, qui les éloigne de toute possibilité d’action collective pour une justice sociale légitime.

Parmi ses ouvrages, citons :

Le déclassement. Ed. Grasset (pour en savoir plus, cliquez ici)

Le Destin au berceau: Inégalités et reproduction sociale. Ed. Seuil (pour en savoir plus, cliquez ici)

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Luc SIGALO SANTOS, Sociologue, diplômé de l’ENS, Maître de conférences en science politique, Aix-Marseille Université, LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du travail).

En régime ultralibéral, étudier la réalité du monde du travail impose de parler des conditions de travail quand on en a, de la précarité, et du non travail, c’est à dire le chômage.

Luc SIGALO SANTOS travaille sur les politiques d’emploi, la précarité au travail. Ses recherches actuelles portent sur le rôle de l’action publique, saisie à travers ses règles, ses institutions et ses acteurs, dans la régulation des aspirations et choix professionnels. Elles se déploient sur deux terrains : le contrôle des chômeurs et l’encadrement doctoral dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Il étudie également les nouvelles formes de précarité, par exemple le crowdsourcing (ce qui signifie littéralement « approvisionnement par la foule ». Cela consiste à mobiliser une multitude d’individus volontaires pour l’accomplissement d’une mission. Le processus, qui s’avère être en réalité une forme d’externalisation, s’apparente à un concours dont le résultat profite directement à l’entreprise.). Ces nouvelles formes qui promeuvent l’émiettement du travail et sa délocalisation sur Internet, présentant le travail comme un jeu, et le temps libre comme une source de revenus.

Parmi ses ouvrages, citons :

Chômeurs, vos papiers ! : Contrôler les chômeurs pour réduire le chômage ? Ed. Liber/Raisons d’agir (pour en savoir plus, cliquez ici)

L’administration des vocations – Enquête sur le traitement public du chômage artistique (pour en savoir plus, cliquez ici)

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Danièle LINHART, Sociologue du travail, directrice émérite de recherche au CNRS, membre du laboratoire GTM-CRESPPA (Genre, Travail, Mobilités / Centre de Recherches sociologiques et politiques de Paris).

Avec Danièle LINHART, nous terminons la matinée centrée sur la réalité des gens de rien ou de peu. Ses travaux sont célèbres, qui portent sur les stratégies managériales, notamment celles à l’oeuvre au sein des grandes firmes transnationales, sur l’évolution du travail qui en découlent, et les nouvelles formes de mobilisation des salariés et la place du travail dans la société ultralibérale.

Nous avons souhaité placer son intervention en fin de matinée comme une clé de voûte entre les exposés du matin consacrés à la réalité du monde du travail et ceux de l’après midi concernant les dominants, donc les managers et leurs règles imposées.

Le sujet de son intervention s’inscrit directement dans le sous-titre du colloque et se raccorde également au thème de la philosophe Caëla Gillespie qui conclura la journée.

Parmi ses nombreux ouvrages, citons :

L’insoutenable subordination des salariés. Ed. Erès (pour en savoir plus, cliquez ici)

La comédie humaine du travail: De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale. Ed. Erès (pour en savoir plus, cliquez ici)

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Monique PINÇON-CHARLOT, Sociologue, ancienne Directrice de recherche au CNRS.

Ses travaux pionniers, menés avec son mari Michel Pinçon (1942-2022) sur la sociologie des classes dominantes, sont devenus célèbres et incontournables. Placer son intervention en ouverture de l’aprèsmidi, consacré au Gens de Biens, aux classes dominantes, petite minorité qui détermine la vie de la grande majorité, s’impose naturellement.

Le travail de toute une vie consacré à étudier pourquoi et comment les classes hyper fortunées de l’aristocratie et de la bourgeoisie sont un vrai problème social, permettra d’apporter des éléments pour répondre à une question centrale du colloque : les gens de Biens, en 2025, c’est qui, c’est quoi.

Parmi ses nombreux ouvrages, citons :

La violence des riches: Chronique d’une immense casse sociale. Ed. La découverte (pour en savoir plus, cliquez ici)

Les Riches contre la planète: Violence oligarchique et chaos climatique. Ed. Textuel (pour en savoir plus, cliquez ici)

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Alizée DELPIERRE, Sociologue, Docteure en sociologie, chargée de recherche au CNRS rattachée au laboratoire Printemps à l’UVSQ (Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines).

Un édifiant exemple d’application pour connaître l’univers économique et culturel des classes hyper riches est celui du personnel domestique travaillant à leur service. Mais le rapport de classe et de domination qui régit la relation entre les deux classes sociales n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser. Il est même assez complexe et dévoile, à la suite des exposés de la matinée, les effets pervers du système ultralibéral. En effet, la domesticité recouvre des réalités diverses : la nature des tâches effectuées, le type d’emploi, les conditions de vie et de travail, ou encore les luttes sociales, sont loin d’être homogènes.

Parmi ses ouvrages, citons :

Les domesticités. Ed. La Découverte (pour en savoir plus, cliquez ici)

et son dernier livre : Servir les riches: Les domestiques chez les grandes fortunes. Ed. La Découverte (pour en savoir plus, cliquez ici)

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Caëla GILLESPIE, Professeure agrégée de philosophie, docteure en philosophie

A l’instar de la première intervention de Michel Cabannes, instaurant le cadre général des échanges, il est apparu nécessaire de poser, en conclusion du colloque, un second cadre, non pas économique, mais philosophique, permettant de saisir l’importance, la nature et l’origine des théories, idées et pensées qui ont servi à bâtir l’idéologie de l’ultra libéralisme. La situation d’aujourd’hui pourrait conduire à admettre la fin de l’Histoire : le mode de production capitaliste version ultralibérale régnera à jamais. Mais tout système idéologique peut mourir de ses contradictions face à la réalité.

L’espoir est donc encore vivant et nous souhaitons terminer le colloque sur un ouverture heureuse.

C’est l’ouvrage de Caëla Gillespie Manufacture de l’homme apolitique (un titre qui fait penser à l’ouvrage de Noam Chomsky, La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie) qui répond magnifiquement à cette problématique philosophique.

Parmi ses travaux citons :

Manufacture de l’homme apolitique. Une analyse des causes de l’impuissance collective pour mieux retrouver les chemins de l’action et s’en sortir. Ed. Au bord de l’eau (pour en savoir plus, cliquez ici)

Panlibéralisme. Quand le néolibéralisme accède à la toute-puissance. Ed. Au bord de l’eau (pour en savoir plus, cliquez ici)

Une « suite » à Manufacture de l’homme apolitique est prévue très prochainement.

Le programme :

Le programme détaillé est prêt. Pour découvrir les intervenants qui, à travers leurs exposés, actualiseront le clivage « Gens de biens/Gens de rien ; Silence aux pauvres », cliquez ici.

Lieu et date :

Comme les précédents, le prochain colloque se déroulera dans la salle Dussane de l’Ecole Normale Supérieure (ENS – Ulm). Concernant la date, nous sommes toujours tributaires des règles administratives de l’ENS qui ne peut confirmer les demandes extérieures qu’à la fin du mois d’août. Nous avons demandé quatre dates avec ordre de priorité suivant :

Priorité 1 : Samedi 15 novembre 2025
Priorité 2 : Samedi 29 novembre 2025
Priorité 3 : Samedi 8 novembre 2025
Priorité 4 : Samedi 11 octobre 2025

Dès fin août/début septembre, quand la date définitive aura été fixée, nous diffuserons une newsletter présentant tous les détails pour assister.

Modalités d’inscription :

Aucun changement par rapport aux colloques précédents. S’inscrire au colloque se fait toujours par Internet, sur un site dédié, entièrement sécurisé. Ce site sera ouvert dès début septembre.

Nous avons la très grande tristesse de vous annoncer le décès de Jean Chérasse, mort à son domicile, à l’âge de 92 ans dans la nuit du 17 au 18 avril dernier.

Nous avions connu Jean, au début de l’année 2016, à travers un échange épistolaire pour l’inviter à intervenir au colloque Henri Guillemin consacré à la Commune qui eut lieu le 19 novembre 2016 à la Sorbonne Nouvelle Censier. Jean était en effet non seulement un admirateur d’Henri Guillemin dont il était devenu l’ami depuis qu’ils avaient travaillé ensemble sur ses deux documentaires politiques Dreyfus ou l’Intolérable Vérité (1975) et La Prise du pouvoir par Philippe Pétain (1980).

C’était aussi un descendant de Communeux, comme il disait. A partir d’une colossale documentation et archives familiales, il publia son histoire de la Commune en deux volumes (édition du Croquant. Pour en savoir plus, cliquez ici) au beau titre générique Les 72 immortelles. Tome 1 La fraternité sans rivages : Un éphéméride du grand rêve fracassé des Communeux. Tome 2 l’ébauche d’un ordre libertaire : Une nouvelle lecture de la commune de Paris de 1871.

C’était surtout un combattant de la vie, farouche opposant à la « démocratie bourgeoise » dont il dénonçait, en amitié fidèle à Guillemin, les simulacres de son spectacle sociétal.

A travers plus de mille billets de blog publié sur Médiapart sous le pseudonyme Vingtras, il lutta pour donner aux gens la matière nécessaire pour comprendre la réalité du monde et ce, jusqu’à son dernier souffle.

Epris d’une solide philosophie anarchiste autant qu’un puissant hédonisme vitaliste, Jean Chérasse fut un homme au coeur d’or, plein d’amour pour les gens du peuple.

Il repose maintenant en paix.

Dessin de Jean-Jacques Sempé

 

 

 

 

 

 

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Notre prochain colloque à l’automne 2025…

Photo montage LAHG. Caricature des trois ordres imprimée en 1789 / Couverture du livre éducatif en 2024 de Equipo Plantel et Joan Negrescolor, Ed. Rue de l’échiquer.

Parmi les illustres travaux d’Henri Guillemin, ceux qui portent sur l’Histoire politique continuent de susciter l’intérêt du grand public.
Pour preuve, les chiffes de notre chaîne Youtube sur la période 01/01/22 à 31/12/24  :
+ 32% visites de notre site.
+ 27% visionnages de nos colloques

« Gens de biens/Gens de rien ».

Avec cette expression emblématique, Guillemin dévoilait avec une grande énergie, dans son ouvrage Silence aux pauvres, la structure des rapports de classes que les classes dominantes cherchent à masquer. Il exposait les stratagèmes utilisés au cours de la Révolution contre les masses populaires (pour en savoir plus sur son ouvrage, cliquez ici )

On se le sait, avec Silence aux pauvres, Henri Guillemin mit un salutaire coup de pied dans le consensus mou qui présidait alors aux festivités du bicentenaire de la Révolution française.
Cette célébration, totalement inspirée par l’idéologie dite post moderne, édulcorait sans vergogne le récit historique. Elle s’appuyait sur les écrits de l’historien alors en vogue, François Furet, dont la thèse cherchait à montrer que la Révolution française n’était que la matrice des totalitarismes modernes et que la Première République sous Robespierre n’avait fait que retarder la mise en place d’une société « libérale, démocratique, ouverte au Monde et utile à tous ».

On sait maintenant ce qu’il en est.

« Gens de biens/Gens de rien ». Avec cette expression, Henri Guillemin, lance une lumière crue, aussi directe que salutaire, sur cet état de fait historique : oui, la société moderne, issue de la Révolution française, est structurée par des rapports de classes, des rapports inégalitaires, donc injustes, injustifiés, et donc injustifiables.

Ces rapports sont connus, ils s’établissent entre les possédants, ceux qui ont des biens, une classe minoritaire mais déterminante, et ceux qui n’en ont pas ou très peu, la grande majorité, qui subit.

Par construction logique et en termes actualisés, on constate aujourd’hui qu’une toute petite classe, uniquement parce qu’elle possède et contrôle l’activité financière, économique et politique, détermine la vie et le destin de la très grande majorité.

Henri Guillemin dénonçait également l’acharnement déployé par les classes possédantes pour sauvegarder et accroître leurs richesses, utilisant pour cela un arsenal de stratagèmes, mensonges et compromissions bafouant toute éthique, voire toute logique quand on considère la question écologique aujourd’hui ; manœuvres dirigées contre le peuple pour l’enfumer (*), le déposséder des moyens nécessaires pour agir par et pour lui-même, afin d’établir une justice sociale et politique légitime.

Il l’a brillammant démontré à travers l’analyse de différentes périodes historiques, notamment la Commune, le fascisme de Pétain, etc.

Aujourd’hui, en 2025, après Henri Guillemin, qu’en est-il de ce clivage ? Qui sont aujourd’hui les « Gens de biens » ? Quel est leur vrai visage ? D’où sortent-ils, comment agissentils ?

Parallèlement, quelle est la réalité des « Gens de rien ou de peu » ? Quelles sont leurs conditions de travail et de vie au-delà des différentes strates sociales qui les distinguent ?

C’est le thème du prochain colloque.

(*) Expression favorite employée par Jean Chérasse, fidèle adhérent, ami d’Henri Guillemin, avec qui il travailla sur deux documentaires, Dreyfus ou l’Intolérable Vérité (1975) et La Prise du pouvoir par Philippe Pétain (1980).

Le programme :

Le programme détaillé est prêt. Pour découvrir les intervenants qui, à travers leurs exposés, actualiseront le clivage « Gens de biens/Gens de rien », cliquez ici.

Lieu et date :

Comme les précédents, le prochain colloque se déroulera dans la salle Dussane de l’Ecole Normale Supérieure (ENS – Ulm). Concernant la date, nous sommes toujours tributaires des règles administratives de l’ENS qui ne peut confirmer les demandes extérieures qu’à la fin du mois d’août. Nous avons demandé quatre dates avec ordre de priorité suivant :

Priorité 1 : Samedi 15 novembre 2025
Priorité 2 : Samedi 29 novembre 2025
Priorité 3 : Samedi 8 novembre 2025
Priorité 4 : Samedi 11 octobre 2025

Dès fin août/début septembre, quand la date définitive aura été fixée, nous diffuserons une newsletter présentant tous les détails pour assister.

Modalités d’inscription :

Aucun changement par rapport aux colloques précédents. S’inscrire au colloque se fait toujours par Internet, sur un site dédié, entièrement sécurisé. Ce site sera ouvert dès début septembre.

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Utovie/Guillemin ; une aventure éditoriale passionnée

Le 22 janvier dernier, les éditions Utovie nous apprenaient la parution du dernier ouvrage d’Henri Guillemin restant à publier. L’ouvrage Réalité et signification de l’Histoire clôturait une aventure éditoriale démarrée trente ans auparavant.
Ainsi, avec cet ultime ouvrage de Guillemin, Utovie venait de terminer la réédition de la totalité des œuvres de Guillemin, à savoir près de quatre-vingts ouvrages, livres et livres CD d’Henri Guillemin qui sont aujourd’hui disponibles.

Pour relire la newsletter que nous avions alors diffusée à cette occasion, cliquez ici.

Jean-Marc Carité, directeur des éditions Utovie, accompagnait cette information d’un petit message que nous reproduisons ici :

Mais cet immense travail éditorial méritait beaucoup plus qu’une annonce rapide autant que modeste. Il était nécessaire qu’on en connût tous les détails. Et puisqu’il s’agit d’une sorte d’aventure, il nous fallait le récit détaillé de ce long voyage, plein de passion et d’opiniâtre labeur.

Jean-Marc a donc pris la plume pour nous donner à lire aujourd’hui le récit de cette aventure haute en couleurs : un ouvrage de 24 pages, intitulé Editeur d’Henri Guillemin par passion et fidélité. Un récit illustré de photos, de documents et surtout de manuscrits inédits de Henri Guillemin.

Et c’est parti ! Comme dans un vaisseau sortant du port tranquille, nous sommes embarqués pour une traversée relatant trente années d’opiniâtre labeur et d’indéfectible amitié, affrontant vents et marées, bonnes et mauvaises nouvelles, émotion et déception, et toujours à bord, la passion d’entreprendre et la volonté de réussir.

Pour lire la suite, cliquez ici.