196 p. Version numérique en accès libre à télécharger. ISBN 978-2-86819-819-8
Le dernier volume de l’oeuvre livresque d’Henri Guillemin vient d’être réédité
En effet, avec ce dernier opus, que viennent de rééditer les éditions Utovie, c’est plus de quatre-vingts ouvrages, livres et livres CD d’Henri Guillemin qui sont aujourd’hui disponibles. Avec la parution de ce dernier ouvrage, Utovie franchit la ligne d’arrivée d’une très longue aventure éditoriale. Chapeau !
Réalité et signification de l’Histoire est le quatrième et dernier cahier du Cercle d’Education Populaire de Bruxelles où Henri Guillemin prononça plusieurs dizaines de conférences dans les années soixante-dix.
Pour rappel, les trois cahiers précédents sont :
–Emile Zola, sa vie, le sens de son œuvre. Conférence du 19 novembre 1970. Le propos de Guillemin s’appuie sur deux textes relatifs à Zola : Sa vie (86 pages, inédit) et Le sens de son œuvre (15 pages, déjà publié dans la revue Europe). Ouvrage numérique en accès libre en cliquant ici
–Henri Guillemin parle de Rousseau, Voltaire, Rimbaud, Vallès. Il s’agit des quatre conférences suivantes, données en 1973. ►Un « détraqué », Jean-Jacques Rousseau ? (Conférence donnée le 25 octobre 1973) ►Le « monstre » Voltaire au hideux sourire. (Conférence donnée le 26 octobre 1973) ►Rimbaud, « mystique à l’état sauvage » ? (Conférence donnée le 29 octobre 1973) ►Le grand Vallès (Conférence donnée le 30 octobre 1973) Ouvrage numérique en accès libre en cliquantici
– De l’Histoire et de la littérature (Recueil de 68 textes parus entre 1964 et 1974). Ouvrage à commander en cliquant ici
Ultime réédition des ouvrages parus du vivant d’Henri Guillemin, Réalité et signification de l’Histoire est un ouvrage qui rassemble quatre conférences prononcées en mars 1975 : ►Réalité et signification de la Révolution française. (Conférence donnée le 24 octobre 1974) ►La France en proie à Napoléon Bonaparte (Conférence donnée le 25 octobre 1974) ►La Deuxième République française (1848-1851) (Conférence donnée le 28 octobre 1974) ►La Tragédie de la Commune (1871) (Conférence donnée le 29 octobre 1974). Ouvrage numérique en accès libre en cliquant ici
Ces conférences recoupent et complètent les travaux déjà édités. Issues d’une transcription de l’enregistrement sur bandes magnétiques de qualité moyenne, ces conférences montrent la constance d’Henri Guillemin concernant ces grandes périodes historiques qui reviennent dans ses études et analyses et sur lesquelles il aura travaillé tout au long de sa vie.
Avec ce dernier opus, c’est donc plus de quatre-vingt ouvrages, livres et livres CD d’Henri Guillemin qui sont aujourd’hui disponibles.
Entreprendre quelque chose avec succès prend ici tout son sens. Saluons ce travail mené sans relâche pendant près de trente ans, sans lequel nous ne pourrions plus connaître, lire, apprendre la pensée de Guillemin. Nous saluons aussi l’opiniâtreté et la détermination du directeur d’Utovie, sa fidélité et la force de son engagement.
Les œuvres complètes d’Henri Guillemin sont disponibles aux Editions Utovie (cliquez ici)
Le mot de Jean-Marc Carité
C’est en 1997 que je signais avec Philippe Guillemin (fils aîné et représentant les héritiers d’Henri Guillemin) le contrat pour la réédition des œuvres complètes de notre historien préféré.
Même si nous avions déjà réédité quelques ouvrages, du vivant d’Henri Guillemin, son œuvre restait « exploitée » par ses éditeurs successifs : Gallimard, Le Seuil, Arléa.
A son décès en1992, force fut de constater que ces éditeurs s’en désintéressaient complètement.
Titres épuisés non réédités. Disparition des catalogues. La flamme Guillemin n’étant plus là, il ne fallait pas compter sur eux pour entretenir ce foyer incandescent qui avait enthousiasmé Jean Lacouture : « Apprivoise-t-on une flamme ? Questionne-t-on le feu ? Interroge-t-on un brasier ?»… affirmait-il dans Une certaine espérance.
Je me suis fait de ce travail un devoir quasi filial. En souvenir de mon père, bien sûr, « camarade d’Henri Guillemin » pendant de longues années, depuis Marc Sangnier et le Front Populaire. En fidélité pour Guillemin lui-même dont j’avais découvert, jeune, dans le bureau paternel, les travaux iconoclastes qui m’enthousiasmèrent.
Presque trente années plus tard, je mets un point final à cet immense travail dont je mesure la portée et l’honneur et qui constitue une de mes plus grandes fiertés d’éditeur.
Même si je ne doute pas de la capacité de notre ami Patrick Berthier à dénicher encore quelques pépites, même si nous aurons l’occasion de révéler des écrits de jeunesse laissés dans l’ombre, l’essentiel est là, en tout cas la totalité de ce qui fut publié de son vivant. Il y aura aussi, bien sûr, les actes des futurs colloques organisés par nos amis des associations Présence d’Henri Guillemin et Les Ami(e)s d’Henri Guillemin.
Je vous remercie de l’attention que vous portez à ce travail et de l’écho que vous lui donnerez.
Henri Guillemin à la TV française en 1968 . 3ème et dernière partie.
Comme annoncé, voici la troisième et dernière partie de cette incroyable émission TV de trois heures, « L’invité du dimanche », réalisée à l’ORTF en décembre 1968 par l’artiste Raoul Sangla et consacrée à Henri Guillemin.
Comment regarder cette troisième partie ?
Comme la fois précédente, compte tenu de l’impossibilité de mettre en ligne sur Youtube la vidéo et ainsi pouvoir la mettre directement dans la newsletter, cette fois encore, il faut suivre le procédure décrite ci-après pour pouvoir regarder Henri Guillemin, l’enregistrer, et continuer à le regarder sans entraves.
Observation importante : ce lien a une durée de vie limitée. Il sera désactivé dans 14 jours, exactement le 17 janvier prochain à 15h25. Il faut donc impérativement lancer la procédure de telechargement avant cette date. Conseil : dès réception de cette newsletter.
2/ Cliquez sur le lien « Guillemin 3 mov »
3/ Si une publicité apparaît, revenez en arrière et recommencez en cliquant à nouveau sur « Guillemin 3 mov »
4/ Le téléchargement sur le disque dur de votre ordinateur commence. La vidéo est lourde et pèse 4,6 Go. En fonction de la qualité de votre équipement informatique, cela prendra entre 10 et 20 minutes. Dès qu’elle aura été entièrement téléchargée, vous la garderez éternellement.
Quelques mots de description avant que vous y plongiez.
La magie de cette troisième partie prolonge celle des deux épisodes précédents. Ce troisième volet est consacré à Emile Zola et à la manière d’écrire l’Histoire et se termine par la poésie.
Ouverture par un long plan séquence de 3’32 au cours duquel, la caméra, par un pano travelling qui ressemble au vol d’un papillon ivre de liberté, s’attarde sur le pianiste, le piano, le clavier, puis s’envole vers le batteur, tournicotte autour de lui avant d’aller voir de plus près comment joue le contrebassiste. Et nous redécouvrons le pianiste. Soudain, Henri Guillemin surgit plein cadre. Sa main gauche soutient son front. Il a l’air très concentré sur les musiciens et la musique jazz dont la forte présence donne ce climat très particulier depuis le début.
A 3’33, cut et gros plan sur le visage de Guillemin. C’est le début d’un échange érudit et contradictoire, plein d’extrême courtoisie, entre Henri Guillemin et l’écrivain Armand Lanoux à propos des interprétations singulières de Guillemin sur l’écrivain Emile Zola.
Guillemin lance : « Nous n’allons pas être absolument d’accord ! mais sur quel point vous vous opposez à ma théorie ? »
Et c’est parti.
Plus tard, l’échange se poursuivra avec le grand spécialiste de Zola, Henri Mitterrand, non plus sur l’écrivain Zola, mais sur l’engagé politique et l’affaire Dreyfus.
Plus tard encore, on écoutera un savoureux échange entre Henri Guillemin et Alain Decaux à propos de la manière d’écrire l’Histoire, où l’on repèrera immédiatement l’engagement politique de Guillemin.
Enfin, l’émision se termine sur la poésie. Charles Trenet chante.
Bon visionnage.
Le prochain colloque de l’automne 2025
Couverture de la bande déssinée jeunesse parue en 2020 aux éditions Rue de l’Echiquier. 48 pages. 4,50 €. Clin d’oeil ironique à l’eau-forte du 18ème siècle.
Fêtes de fin d’année obligent, rien de nouveau n’est intervenu depuis notre dernière lettre. Nous attendons les réponses aux dernière sollicitations lancées juste avant les fêtes.
Henri Guillemin en pleine conférence. Photogramme de l’émission « L’invité du dimanche » ORTF 1968. Doc INA.
Henri Guillemin à la TV française en 1968 . 2ème partie.
Comme annoncé dans notre dernière newsletter du 14 novembre, voici la deuxième partie de cette incroyable émission TV de trois heures, « L’invité du dimanche », réalisée à l’ORTF en décembre 1968 par l’artiste Raoul Sangla et consacrée à Henri Guillemin.
La troisième et dernière partie sera diffusée début janvier 2025.
Comment regarder cette deuxième partie ?
Contrairement à la précédente mise en ligne via Youtube qui rendit possible d’installer directement la vidéo dans la newsletter, cette fois, nous avons dû agir autrement. En effet, les algorithmes Google et Youtube, ces logiciels espions fureteurs, ont empêché le telechargement de la vidéo de l’INA sur Youtube. Qu’il n’y eut aucun problème la fois dernière restera un des nombreux mystères de la blogosphère.
Heureusement, nous avons plus d’un tour de magie. Voici la procédure de contournement à suivre pour pouvoir regarder Henri Guillemin, l’enregistrer, et continuer à le regarder sans entraves.
Observation importante : ce lien a une durée de vie limitée. Il sera désactivé dans quelques jours, exactement le 23 décembre prochain. Il faut donc impérativement lancer la procédure de telechargement avant cette date. Conseil : dès réception de cette newsletter.
2/ Cliquez sur le lien « Guillemin 2 mov »
3/ Si une publicité apparaît, revenez en arrière et recommencez en cliquant à nouveau sur « Guillemin 2 mov »
4/ Le téléchargement sur le disque dur de votre ordinateur commence. La vidéo est lourde et pèse 4,4 Go. En fonction de la qualité de votre équipement informatique, cela prendra entre 10 et 20 minutes. Dès qu’elle aura été entièrement téléchargée, vous la garderez éternellement.
Une émission TV, une pépite, un morceau d’Histoire.
La magie de cette deuxième partie prolonge celle de la première. Pendant une heure, nous découvrons un véritable trésor, tant par les propos tenus entre Henri Guillemin (rappelons, que pour cette émission, il a invité trois séries de trois personnalités francophones : québécoises, suisses et belges. Toutes n’ont pas pu venir mais l’équilibre est assuré), que par la mise en scène. Par exemple, la complète et incroyable absence de l’animateur au profit des seuls invités. Elégance et respect vis à vis du téléspectateur. Tout le contraire d’aujourd’hui où l’animateur est ce roitelet narcissique faisant le pitre pour exister, les invités essayant d’imiter le carton-pâte.
Quelques mots de description avant que vous y plongiez.
Ouverture sur un gros plan montrant le clap et son inscription manuscrite « L’invité du dimanche ». Quand le clap est retiré, on découvre, toujours en très gros plan, le visage de Jacques Brel en train de fumer.
La bande son est sa propre chanson « Le plat pays », cette chanson plus qu’émouvante, dont on entend bien les paroles. Brel, toujours en gros plan, écoute l’air très concentré, voire soucieux, comme s’il se découvrait pour la première fois en train de chanter.
Ce début d’émission est étrange pour nous aujourd’hui. Bien sûr, de façon évidente, par son style, son esthétique, complètement hors des normes de la société du spectacle de 2024. Mais il y a autre chose qui travaille insidieusement : au delà d’une nostalgie sentimentale, s’agite le sentiment diffus d’une perte. Une perte de nature politico philosophique : le peuple téléspectateur, ouvrir son champ de conscience ou l’abrutir ?
Cut/gros plan sur le visage de Guillemin, très concentré lui aussi.
Un panoramique à droite nous ramène sur Brel, qui se ronge le pouce. Puis un panoramique à gauche nous fait découvrir le visage de la romancière belge flamande Françoise Mallet–Joris.
La chanson de Brel « Le plat pays » continue de dérouler son poème.
Il ne s’est pas passé deux minutes, exactement 1,35 minute, et nous sommes envoûtés, complètement parmi eux. Ce qui nous autorise à nous poser cette question : pourquoi donc sont ils tous les trois aussi sérieux et concentrés, voire tristes à l’écoute de Le plat pays ?
« Belle chanson belge ! » lance alors Henri Guillemin. « Chanson flamande ! » rétorque Jacques Brel.
S’en suit une discussion entre eux trois. On vous laisse découvrir la suite.
A noter : entre la 7ème et la 14 ème minute, on ne peut que savourer, chacun avec ses propres convictions en la matière, mais avec le plus grand plaisir, les échanges sur la foi, dieu, la religion, etc… entre le poète Brel, foncièrement athée, matérialiste convaincu, et Guillemin, quelque peu interloqué, dont on connaît la position sur ces sujets.
Bon visionnage.
Le prochain colloque de l’automne 2025
Un paysan portant un prélat et un noble. Symbole du Tiers Etat écrasé par le clergé et le noblesse d’Ancien régime. Eau-forte en couleurs, Paris, 1789. Musée Carnavalet.
L’organisation de ce nouveau colloque avance avec opiniâtreté et de façon heureuse. Nos immenses remerciements vont aux adhérents et abonnés qui nous ont exprimé leur amical soutien pour ce projet, nous ont procuré de nombreux contacts utiles pour monter ce prochain colloque. Merci pour votre aide et votre soutien pour dans cette nouvelle action publique d’actualisation des travaux d’Henri Guillemin, cette rare voix instructive permettant d’y voir clair aujourd’hui.
Rappelons notre propos pour les nouveaux internautes.
Henri Guillemin présentait d’un côté, les « Gens de Biens ». Bien avec un « s », son jeu de mot favori pour souligner que le vocable « Bien » n’avait nul rapport avec l’éthique chrétienne, mais avait au contraire pleins rapports nourrissants, forts et durables avec la Richesse sous toutes ses formes et à travers tous les moyens pour la garder, l’accroître, même au prix des pires trahisons et compromissions.
Exemples historiques édifiants : Révolution française, La Commune, « L’autre avant – Guerre », c’est à dire les complots contradictoires de l’Oligarchie impérialiste bourgeoise transnationale, cette cause toujours impunie du massacre populaire de la Première Guerre Mondiale ; Pétain et la collaboration des classes oligarchiques, et….et… toujours de nos jours.
Et, d’un autre côté, Henri Guillemin présentait les « Gens de rien ou de peu », à savoir la très grande majorité des peuples : les travailleurs, seuls créateurs de valeurs, continuellement exclus du bonheur de leur propre production. Clairement les dindons de la farce bourgeoise.
A la suite d’Henri Guillemin, il est légitime de se poser la question de savoir ce qu’il en est aujourd’hui des nouveaux mécanismes d’asservissement et d’appauvrissement subis par les Gens de rien ou de peu. Et, dans une sorte de parralélisme des formes, il est tout aussi légitime, voire éducatif, d’ôter le mystère qui entoure aujourd’hui les Gens de Biens, c’est à dire les Riches, les Hyper Riches, et ainsi révéler le dessous des cartes, pour employer une des expressions favorites d’Henri Guillemin.
Quelle est la réalité de cette inégalité généralisée ? Comment fonctionne le Silence aux pauvres en 2024 ?
Couverture de la bande déssinée jeunesse parue en 2020 aux éditions Rue de l’Echiquier. 48 pages. 4,50 €. Clin d’oeil ironique à l’eau-forte du 18ème siècle.
Concernant le prochain colloque de l’automne 2025, le travail est intense. Intense, car le sujet est brûlant. Ce travail d’organisation est toujours en cours. Nous continuons la recherche des intervenants correspondants au message général que nous souhaitons délivrer.
Cinq grandes personnalités, économistes, sociologues, philosophes ont déjà confirmé leur participation à ce projet. Elles sont éparties sur les deux grands axes du colloque. D’autres sont en attente d’une meilleure visibilité de leur agenda.
Parallèlement, l’affinage des thèmes à traiter continue de s’enrichir, tant ceux concernant les Gens de biens, à savoir la classe des riches, voire des hyper riches, que ceux portant sur les Gens de rien ou de peu, à savoir les travailleurs et les conditions de leur travail.
L’architecture générale de la journée est inchangée (le relire, cliquez ici).
Henri Guillemin écoutant Romain Bouteille
Prochain épisode, 3ème et dernière partie de l’émission : début janvier prochain.
Henri Guillemin en pleine conférence. Photogramme de l’émission « L’invité du dimanche » ORTF 1968. Doc INA.
Après une trêve estivale plus longue qu’à l’ordinaire, au lieu du septembre habituel, c’est le mois de novembre qui accueille aujourd’hui la reprise de nos travaux.
Le prochain colloque de l’automne 2025
Ce léger retard est simplement dû au surcroît de travail d’études et de recherche généré par vos sollicitations et propositions d’actions concernant la position d’Henri Guillemin par rapport à l’injustice sociale, devenue hurlante aujourd’hui.
Cette question, aussi logique que légitime en ces jours, a naturellement fait surgir l’un des fils rouges de l’œuvre d’Henri Guillemin sur ce sujet, à savoir l’invariant de l’Histoire moderne, ce rapport de classe entre dominants et dominés. Henri Guillemin présentait d’un côté, les « Gens de Biens »Bien avec un « s », sonjeu de mot favori pour souligner que le vocable « Bien » n’avait nul rapport avec l’éthique chrétienne, mais avait au contraire pleins rapports nourrissants, forts et durables avec la Richesse sous toutes ses formes et à travers tous les moyens pour la garder, l’accroître, même au prixdes pires trahisons et compromissions (exemples historiques : Révolution française, Pétain, La Commune… et toujours de nos jours), et d’un autre côté, les « Gens de rien ou de peu », à savoir la grande majorité des peuples, non seulement dominés et exploités, continuellement dupés et trompés. Clairement les dindons de la farce bourgeoise.
Un paysan portant un prélat et un noble. Symbole du Tiers Etat écrasé par le clergé et le noblesse d’Ancien régime. Eau-forte en couleurs, Paris, 1789. Musée Carnavalet.
A partir de ce rapport de classe, spécifié de façon lumineuse par Guillemin dans les années 70/80, nous nous sommes posés la question : qu’en est–il en 2024 ? Soit cinquante après ?
Car en 2024, les choses ont fortement changé. Un tour d’horizon sur la situation d’aujourd’hui donne le vertige. Quels sont, aujourd’hui, les nouveaux visages de ces « Gens de biens ». On sait qu’ils participent d’un système transnational, financier, ultra minoritaire et pour autant déterminant. Mais qui sont-ils, où sont-ils en réalité. Quelle est l’histoire de leur domination, d’où viennent ils ? Et comment opèrent-ils ? Quelle est la vraie réalité de l’ultra libéralisme dont ils sont issus ?
De même, dans la société ultra libérale, quels sont les nouveaux mécanismes d’asservissement subis par les Gens de rien ou de peu ? L’appauvrissement des dominés, qui vont des subalternes aux classes moyennes, n’opère pas seulement sur le plan salarial, économique et professionnel. Il travaille aussi en profondeur les domaines intellectuels, culturels, éducatifs, informationnels, sociaux et politiques, en fait, tous les domaines de la vie sociale.
Quelle est la réalité de cette inégalité généralisée ? Comment fonctionne le Silence aux pauvres en 2024 ?
Nouveaux plans ambitieux. 2005. Tableau de Jules de Balincourt, artiste peintre né en 1972. Huile sur toile 102 x 152cm. Collection privée.
Représentation d’un parlement du mal : des chemises empesées et des visages roses, l’ordre des affaires mondiales est sombrement décrit comme s’apparentant à une table de craps pour abstinents.
Comme il était impossible de traiter tous ces thèmes en un seul colloque d’une journée, nous avons opté pour la mise en lumière du rapport Gens de Biens/Gens de rien dans le monde du travail, lieu primordial de la société capitaliste, puisque le travail reste le point nodal d’où est issue toute valeur et tous rapports de production, donc de classes.
Pour être complet, il faudrait traiter les autres thèmes, un par un, à travers une série de colloques sur plusieurs années, cinq, six, ce qui formerait œuvre globale. C’est notre intention. Nous verrons.
La sélection des intervenants pour le premier colloque de cette série, celui qui est programmé à l’automne 2025, plus précisément soit début octobre, soit début novembre est en cours et ne peut donc pas encore être dévoilée. Cependant, en voici l’architecture générale.
Une introduction du président suivie d’une nouveauté : un document vidéo inédit réalisé à partir d’extraits des conférences vidéo d’Henri Guillemin sur le thème du colloque. C’est un défi technique que nous nous sommes lancé et espérons réaliser. Une matinée d’interventions consacrées à la réalité socioprofessionnelle chez les gens de rien ou de peu ; les victimes de l’ultra libéralisme. Une après midi consacrée à montrer le vrai visage des classes riches et hyper riches Une conclusion philosophique ouvrant vers des pistes d’espoir.
On vous tient informés des étapes d’avancement de ce grand projet.
Henri Guillemin à la TV française en 1968 . Une rareté et une pépite ; 1ère partie.
C’est en préparant cet ensemble de colloques que nous avons découvert cette première vidéo : une petite interview d’Henri Guillemin à la RTBF (Radio Télévision Belge Francophone) datant de 1980.
Vous verrez, à 1, 20 mn, répondant à la question du journaliste qui déplore qu’il ne passe pas à la TV française, Guillemin réagit aussitôt en citant une grande émission datant de 1968, dont il fut l’invité. Cette émission fut la dernière car Guillemin fut ensuite évincé de la TV française par Pompidou qui le détestait. Il y reviendra plusieurs dizaines d’années plus tard.
Quelle était cette fameuse émission de décembre1968 ?
Après de longues recherches, nous l’avons trouvée parmi les archives de l’INA. Il fallut ensuite tout paramétrer et mixer le document vidéo pour qu’il soit le plus lisible et audible et en adéquation avec les contraintes technologiques d’aujourd’hui.
Il s’agit d’une émission de trois heures datant de décembre 1968, intitulée « L’invité du dimanche ». Cette émission réunit de très grands noms.
La productrice s’appelle Éliane Victor (1918 – 2017) pionnière à l’ORTF, qui deviendra célèbre et obligera le respect par ses émissions sur les femmes, dont « Les femmes aussi » . Pour en savoir plus sur Eliane Victor, cliquez ici
Le réalisateur s’appelle Raoul Sangla (1930 – 2021). C’est un des très grands réalisateurs du début de la télévision aux côtés de Jean-Christophe Averty, Claude Santelli, Jean Prat ou Stellio Lorenzi. Membre du parti communiste, il fut évincé par Pompidou et ne reviendra à la télévision française qu’après mai 1981 pour y réaliser le mythique « Journal d’en France »
Notons à cette occasion que Jean Chérasse, fidèle adhérent, qui a travaillé avec Guillemin sur ses deux grands films : Dreyfus ou l’Intolérable Vérité (prix Méliès) et La Prise du pouvoir par Philippe Pétain, connaissait très bien Raoul Sangla dont il admirait le talent et la vaste culture.
Pour en savoir plus sur Raoul Sangla, cliquez ici.
Comme l’émission dure trois heures, nous la mettrons en ligne en trois newsletters. Aujourd’hui le premier épisode.
Il est impossible d’imaginer à la télévision d’aujourd’hui, une émission si intense et innovante, tant par son sujet, sa durée, sa mise en scène, que par son écriture proprement cinématographique. A l’époque, la TV était encore un medium d’éducation populaire et d’enrichissement culturel.
Quelques mots de description avant que vous y plongiez.
Incroyable début : sur fond de musique de jazz, d’un gros plan sur les mains d’un contrebassiste, un zoom arrière nous montre le visage barbu du musicien. Coupe. Plan suivant sur une sorte de drôle de statue. Apparaît le titre de l’émission, puis un panoramique vers la gauche capte en gros plan le front de quelqu’un, et bientôt de grosses lunettes noires que les connaisseurs ont déjà reconnues.
Eh oui, c’est Henri Guillemin qu’un zoom arrière conjugué à une montée en plongée, comme une belle arabesque, nous dévoile, debout, accoudé à un piano. Il a l’air sérieux, concentré sur la musique. Il est là, tout seul, comme dans un bar américain.
La caméra continue de peindre par ses panoramiques, travellings et ouvertures de champ. De haut, elle nous fait maintenant découvrir le plateau de l’émission. D’abord les autres musiciens, puis une estrade pour le futur entretien avec Guillemin qui est filmé de profil, de trois quart dos (images inédites de lui puisque c’est toujours de face qu’on le voit à travers ses conférences vidéo), puis, surprise, apparaît dans le champ trois types en train de discuter debout en fumant près des coulisses.
Et là, on est obligé d’être intrigué, car ils regardent Guillemin qui, à l’opposé, est resté seul, accoudé au piano et dont certains plans rapprochés montrent qu’il a entamé une intense discussion avec le pianiste. Il ne se passe rien d’autre, juste l’alternance de plans entre Guillemin « au piano » et, à l’autre bout du plateau, les trois gaillards que le son nous apprend qu’ils discutent de…… Guillemin.
Incroyable scène, incroyable ambiance qui va durer un petit quart d’heure ! Car ce n’est qu’à la douzième minute passée que l’animateur vient enfin vers Guillemin pour le saluer (plan séquence génial à partir de 12’ 41) et l’entraîner lentement vers l’estrade où l’on pense qu’enfin un débat va s’ouvrir.
Eh bien non ! Pas encore !
Mais arrêtons là pour vous laisser la surprise de la suite qui commence très fort à la seizième minute : Guillemin sur scène. La passion faite homme. Son plaisir gourmand. Un showman exceptionnel. Celles et ceux qui ont assisté aux conférences de Guillemin jubileront.
L’émission dure trois heures. Trois heures de plaisir teinté de nostalgie. Nous la diffusons en trois fois une heure. Aujourd’hui, le premier épisode.
Bon visionnage.
NB. L’équipe qui anime l’association réunit une poignée decamarades. C’est l’un deux, Michel Le Thomas, dont la carrière comme producteur et réalisateur lui a permis de travailler avec des pointures comme René Vautier (1928 – 2015), qui a trouvé ce document précieux et l’a remis aux normes techniques. Pour en savoir plus sur lui et ses réalisations, cliquez ici.
Prochain épisode, 2ème partie de l’émission : début décembre prochain.