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Henri Guillemin/Emile Zola, un engagement littéraire et politique

Actes des colloque Henri Guillemin Zola / Dreyfus

édition établie par Edouard Mangin

Premier colloque : Henri Guillemin / Emile Zola : un engagement littéraire et politique, le 12 novembre 2022.

et

Second colloque : L’affaire Dreyfus et son temps : enjeux politiques et interprétations, le 18 novembre 2023.

Premier colloque : Interventions de Patrick Berthier, René-Pierre Colin, Alain Pagès.

Second colloque : interventions de : Alain Pagès, Agnès Sandras, Philippe Oriol, Vincent Duclert, Jacqueline Lalouette, Bertrand Joly, Marie Duval.

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Actes du colloque du 19 novembre 2016

Parmi les événements historiques qu’Henri Guillemin a cherché avec passion à comprendre, la Commune de Paris de 1871 occupe une place privilégiée : tentative pour renverser vraiment le cours des choses, mais échec cuisant, ce mouvement trouve son origine générale dans toute l’histoire bourgeoise du XIXe siècle, et son origine particulière dans le défaitisme organisé du gouvernement dit de « Défense » nationale.

C’est ce moment tragique, devenu un symbole, que la journée organisée à la Sorbonne nouvelle par l’Association « Les Ami(e)s d’Henri Guillemin », le 19 novembre 2016, a cherché à la fois à commémorer et à expliquer à travers l’œuvre de Guillemin, depuis sa lecture de Jules Vallès jusqu’à son interprétation de la défaite de 1940. La Commune de Paris, échec et espoir…

Interventions de : Edouard Mangin, Patrick Berthier, Cécile Robelin, Céline Léger, Jean Chérasse, Florence Gauthier, Annie Lacroix-Riz, Patrick Rödel.

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L’écho permanent de nos colloques aujourd’hui

Annie Lacroix Riz, historienne, élève de l’école normale supérieure (ENS), agrégée d’histoire, docteur-ès-Lettres, professeur émérite d’Histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot

Ne pas se laisser monter sur la cervelle
Henri Guillemin

La réédition en format poche, donc visant un grand public, de l’ouvrage Industriels et banquiers français sous l’occupation de l’historienne Annie Lacroix-Riz, peut objectivement, surtout aujourd’hui, être considéré comme un événement éditorial.

Cet ouvrage s’inscrit en droite ligne dans le thème de notre colloque du 17 novembre 2018 : « Pétain, montée du fascisme, débâcle de 1940, collaboration » (pour revoir les différentes interventions, cliquez ici).
Cet ouvrage s’inscrit aussi et dans l’édition inédite du livre de Raymond Brugère (1885 – 1966) « Veni, Vidi, Vichy…et la suite » (pour en savoir plus, cliquez ici).

Couverture de l’édition poche. 1224 pages ; 13,90 €

En effet, il s’agit de la troisième réédition en format poche des œuvres maîtresses de l’historienne Annie Lacroix-Riz, commandée par son éditeur Armand Colin.

Cette commande, comme toujours, a conduit l’historienne à fournir un travail entièrement renouvelé du début à la fin, une refonte complète de son ouvrage d’origine, grâce à un colossal travail de recherche effectué à partir de nouvelles sources inédites, nouvelles preuves et archives.
Et des nouvelles sources archivistiques, il y en eut !

C’est à travers cet impératif de vérité historique visant à favoriser l’émergence d’une conscience politique basée sur les faits, que se développent depuis des années les travaux d’Annie Lacroix-Riz qu’on peut considérer comme la constitution d’une œuvre globale.

La non-épuration en France : De 1943 aux années 1950.

Couverture de l’édition poche ;
792 pages ; 12,90 €
Maurice Papon, ancien fonctionnaire de Vichy, faisant un baisemain à Simone Veil, rescapée des camps. Photo prise le 5 avril 1978 devant le palais de l’Elysée, au sortir d’un conseil des ministres, alors qu’il est ministre du budget et elle ministre de la santé. Copyright Patrice Picot/Gamma-Rapho/Getty images

Il s’agit d’un ouvrage qui prouve, sur la base d’archives incontestables, souvent inédites, que l’épuration salvatrice d’après guerre, construite et diffusée à grands moyens de propagande fut davantage un mythe qu’une réalité historique.

Grâce aux travaux d’Annie Lacroix-Riz, on apprend qu’en réalité, cette épuration, concentrée sur des cas particuliers massivement rendus publics, a surtout couvert la vraie réalité politique, celle de la non-épuration des élites.
Sous l’égide des ministères de l’Intérieur et de la Justice, les patriciens des milieux financiers, de la magistrature, de la police, de l’armée, du haut clergé, des organes de presse, de l’appareil politique, bref, de ce qu’on appelle aujourd’hui « Système oligarchique », tout ce personnel fut reconduit aux postes de pouvoir.
Notons, à cette occasion que ce « Système oligarchique » est lui-même la base d’une hyper classe ultra minoritaire mais ultra puissante. (cf. thème notre dernier colloque du 8 novembre dernier : « « Gens de biens/Gens de rien » – Réalités contemporaines du capitalisme ultralibéral », colloque ayant diffusé des contenus et des connaissances, nouvelles, d’aujourd’hui, utiles pour tous, en suite et en résonnance avec la si lumineuse et claivoyante analyse critique développée par Henri Guillemin, tout au long de sa vie. Les vidéos de ce colloque seront dès janvier prochain, mises en ligne. Une façon de revivre l’intensité de ce colloque, tant à travers les différentes interventions, que par le souvenir de cette communauté d’émotion qui embrassa toute l’assemblée).

Le choix de la défaite

Couverture de l’édition poche. 1224 pages ; 13,90 € Le ministre allemand des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, et d’autres responsables nazis font le salut nazi sur la tombe du Soldat inconnu à Paris, en France, en décembre 1938. Le ministre français des Affaires étrangères, Georges Bonnet, fait le salut traditionnel derrière Ribbentrop. Ribbentrop était à Paris pour signer un pacte de non-guerre entre la France et l’Allemagne. | (Photo par Hulton-Deutsch/Hulton-Deutsch Collection/Corbis via Getty Images)

Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. »

Cet ouvrage d’Annie Lacroix-Riz est incontestablement un ouvrage clé. Un de ces ouvrages fondateurs pour comprendre le monde d’aujourd’hui.
On pourrait dire de cet ouvrage qu’Une bibliothèque pleurerait à jamais son absence (Cf. La bibliothèque, la nuit de Alberto Manguel).

Car, comme l’a si bien dit Mark Twain, grand écrivain américain si mal compris dans son pays d’origine : « L’histoire ne se répète pas, c’est vrai, mais parfois, il faut bien admettre qu’elle rime« .

Et Annie Lacroix-Riz prouve que l’Histoire contemporaine, innervée par les immuables rapports de forces capitalistiques ne peut produire que des situations semblables.

Le choix de la défaite analyse l’histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940. Selon elle, les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich.

Grâce à cet ouvrage, on apprend que déjà, à cette époque, l’autonomie des politiciens ou des journalistes relevait du mythe. Que dire d’aujourd’hui !
Car c’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l’alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914.

Note de l’éditeur : « La seule chose dont un gouvernement a besoin pour transformer les gens en esclaves, est la peur. » Hermann Göring,

Industriels et banquiers français sous l’occupation

Membres des chambres de commerce française et allemande à la foire de Paris en septembre 1941. © LAPI/Roger Viollet

Dans cet ouvrage, Annie Lacroix-Riz examine la collaboration entre les dirigeants de l’économie française et les occupants allemands entre 1940 et 1944 et installe au grand jour le fin mot de cette collaboration : hors de tout principe éthique, patriotique, citoyen, il s’agissait en priorité absolue, de maintenir, voire de continuer à accroître, les profits capitalistes dans une Europe unifiée, même sous domination allemande.

Ainsi va se dérouler le récit historique de l’historienne Annie Lacroix-Riz, prouvant, on ne peut peut plus clairement, l’intime compromission des hauts milieux affairistes français, industriels et financiers, avec leurs homologues allemands.
Qu’ils soient nazis, n’importait aucunement.

Pour comprendre la collaboration volontaire d’une grande partie des industriels et banquiers français avec les forces d’occupation allemandes entre 1940 et 1944, il est nécessaire de connaître leur histoire. Cette collaboration remonte aux années 1920 et 1930.

Comme l’explique en détail Annie Lacroix-Riz, « c’était l’époque où les groupes français intensifiaient leurs accords et leur coopération avec les groupes allemands, acceptant souvent une direction allemande claire, parfois même abandonnant des marchés, comme Schneider-Creuzot lorsque, en 1938/39, Skoda, un joyau de l’empire industriel en Tchécoslovaquie, passa aux mains des Reichswerke Hermann Göring. À cela s’ajoutait le fait qu’une partie des industriels et des banquiers français, inspirés par leur opposition à la gauche dans leur propre pays, se tournaient vers l’Italie dès les années 1920, puis vers le Reich allemand à partir de 1933, à la recherche d’alternatives politiques.»

L’historiographie officielle d’aujourd’hui continue d’enseigner que si le régime de Vichy a facilité l’acceptation du Reich, pour autant, le monde économique, s’y est soumis à contrecœur. Comme le démontre Annie Lacroix-Riz, tout cela est faux et relève de la légende propagandiste qui perdure de nos jours.
Elle dit, preuves archivistiques à l’appui, que parmi les voix influentes, il y avait les industriels et banquiers français, ceux qui, avant 1940, déjà, réclamaient une collaboration étroite avec le Reich.
Elle constate laconiquement : « On ne résiste pas à l’occupant qu’on l’a appelé et installé. »

Pour compléter la connaissance de l’histoire européenne contemporaine, il faudrait aussi lire cet ouvrage synthétique « Aux origines du carcan européen (1900-1960) : La France sous influence allemande et américaine«  (si on veut plonger dans cet ouvrage, cliquer ici )

Mais on peut lire avec grand bénéfice son dernier ouvrage qui a fait date : « Les origines du plan Marshall » un ouvrage qui permet de comprendre comment les Etats-Unis ont imposé leur hégémonie à l’aide du plan Marshall – en s’appuyant avant tout sur l’Allemagne.

Ce livre est fondamental pour comprendre la situation politique d’aujourd’hui.

Son premier chapitre s’ouvre de façon si édifiante, qu’on ne peut pas résister à en publier cet extrait.

Extrait :

Et pour terminer avec Guillemin.

« Il est incontestable qu’il y a en France (et ailleurs) une résurgence du fascisme…», disait Henri Guillemin dans une conférence diffusée en 1987.
Il étudiait le climat politique et social en France depuis 1875 qui créera le terrain favorable à l’introduction et à la montée du fascisme jusqu’à sa forme gouvernementale (l’Etat français de Pétain) et aux tentatives putschistes de la guerre d’Algérie.

Et pour conclure

Sur ce sujet du fascisme qui rampe insidieusement aujourd’hui, on ne peut que rappeler cette lettre d’Utovie qui nous a généré cette newsletter qu’on vous invite à lire ou relire.
Il faut la relire et c’est facile car il suffit de cliquer ici

Coffret DVD/Livre Henri Guillemin et L’affaire Pétain

AU PRIX DE 20 € AU LIEU DE 35 € (frais de port offerts)

OFFRE VALABLE JUSQU’AU 31 JANVIER 2026

Jaquette du coffret DVD/Livre

Une autre façon de ne pas se laisser monter sur la cervelle (*) est de s’intéresser à l’important travail que Guillemin consacra à l’Affaire Pétain et au régime de Vichy.
Très riche coffret DVD/Livre édité par Les Mutins de Pangée, coproduit avec les éditions Utovie et Les Amis d’Henri Guillemin (LAHG).

(*) Titre d’un article d’Henri Guillemin publié dans La Tribune de Genève le 16 octobre 1968. Article repris De l’Histoire et de la Littérature – sélection d’articles 1964-1974 Dir. Patrick Berthier, Ed. Utovie.

Qui était Philippe Pétain ? De quoi Pétain est-il le nom ? Et si l’Histoire se répétait ?

Contenu du coffret Henri Guillemin et l’affaire Pétain

12 conférences filmées, soit 6 heures passionnantes, en 3 DVD :

DVD 1 : TRAVAIL

1. La montée du Fascisme : L’extrême droite est de plus en plus influente dans les années 1930 (diffusion : 3 mai 1981)

2. Pétain avant 1934 : C’est à Verdun que se crée la « légende » de Philippe Pétain (diffusion : 10 mai 1981)

3. Le politicien : de la politique de 1934 à la victoire du Front populaire (diffusion : 17 mai 1981)

4. La défense nationale : Pétain envisage une Révolution nationale dès la fin des années 30 (diffusion : 24 mai 1981)

DVD 2 : FAMILLE

5. Un étrange Maréchal : pour l’éloigner de Paris, Pétain est nommé ambassadeur à Madrid (diffusion : 31 mai 1981)

6. Le but est atteint : L’armistice signé, les pleins pouvoirs sont accordés à Pétain (diffusion : 7 juin 1981)

7. L’an 1940 : début de la politique de collaboration voulue par Pétain (diffusion : 21 mai 1982)

8. Avec Darlan : entre 1941 et 1942, la Révolution nationale prend une nouvelle envergure

DVD 3 : PATRIE

9. Laval réapparaît : la « zone libre » est occupée et Pétain s’accroche au pouvoir (diffusion : 28 mai 1982)

10. L’asservissement : la Résistance s’organise et Pétain crée la Milice pour la combattre (diffusion : 30 mai 1982)

11. La fin : en 1944, c’est le début de la fin pour Pétain et le régime de Vichy (diffusion : 4 juin 1982)

12. Constats : conclusion et bilan sur le régime de Vichy et le maréchal Pétain (diffusion : 6 juin 1982)

Bonus. Riches, et même très riches, ils sont et demeureront

1/ Débat télévisé sur l’affaire Pétain – 52 mn – RTS (1982)

Avec Jacques ISORNI, avocat du Maréchal Pétain – Henri GUILLEMIN, historien – Jean-Noël JEANNENEY, homme politique – Henri AMOUROUX, écrivain et Jean-Raymond TOURNOUX, journaliste.

2/ Livre : La vérité sur l’affaire Pétain

Edition revue et remaquettée (248 pages).
Préface inédite d’Annie-Lacroix Riz, Professeure émérite d’histoire contemporaine Université Paris7- Denis Diderot

3/ Compléments vidéo en lignsur www.affairepetain.fr

Il s’agit de 11 heures d’analyses historiques inédites de l’historienne Annie Lacroix-Riz, spécialiste de cette période historique.

Dans cette série, produite par la société Les Films de l’An II, elle revient sur chacune des 12 conférences d’Henri Guillemin, pour les enrichir, les compléter ; confirmant ainsi la puissance d’analyse critique d’Henri Guillemin dans le champ de l’Histoire politique, conduisant ainsi à le rendre toujours prégnant aujourd’hui pour comprendre les problématiques de la société contemporaine.

Comment commander le coffret

Très simple :
1/ Adresser un simple courriel à l’association : administration@henriguillemin.org en indiquant
nom, prénom, quantité et surtout votre adresse postale

2/ Adresser votre règlement de 20 € au siège social de l’association :

  • soit par chèque, libellé à l’ordre de « Les amis d’Henri Guillemin » au 14, rue du Général De
    Gaulle – Résidence Voltaire 1 – 92290 CHÂTENAY-MALABRY
  • soit par virement bancaire :
    BNP PARIBAS ANTONY
    BIC : BNPAFRPPXXX
    IBAN : FR76 3000 4001 8300 0102 4583 76
  • Dés réception de votre règlement, le coffret vous sera envoyé (frais de port offerts)

Cette lettre est la dernière de l’année 2025.
Rendez-vous dès la Nouvelle Année avec les diffusions des vidéos des interventions du colloque du 8 novembre dernier.

En attendant, en ces derniers jours de décembre qui nous acheminent doucement vers le solstice d’hiver, ce moment à partir duquel tout redémarre, l’association Les Amis d’Henri Guillemin vous souhaite de belles et joyeuses fêtes de fin d’année et vous remercie de votre fidélité.

LAHG

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Colloque 2025, les jours d’après

Gens heureux en foule malgré la pluie ; @gettyimages.

Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux
Étienne de La Boétie

Ils ont les millions, nous sommes des millions
Paroles des manifestations contemporaines

Je meurs de soif auprès de la fontaine,
Rien ne m’est sûr que la chose incertaine.
François Villon

Ne pas se laisser monter sur la cervelle
Henri Guillemin

La réalité n’est pas un obstacle
Laszlo Krasznahorkai, prix Nobel de littérature 2025

Il y a des jours comme çà,
Oui, il y a des jours comme çà dans la vie.
Il y a des jours où tout s’ordonne bien, bien comme il faut, où tout s’arrange pour créer une harmonie.
Le travail, la conviction, les intelligences. Bref, le bonheur qui devrait toujours être.

Oui il y a des jours comme çà, des jours heureux.
Ces jours sont rares mais ils ont lieu.
Il faut les retenir, s’en souvenir, et les reproduire pour des avenirs.

C’est ce genre de jour qui illumina la journée du 8 novembre, cette journée où se déroula le colloque au titre emblématique : « Gens de biens/Gens de rien » ; Réalités contemporaines du capitalisme ultralibéral.

Cette journée fut un moment historique plein à ras bord d’une immense émotion collective, d’un bonheur partagé, si intense et si rare, que l’émotion reste encore la Reine en ces lendemains, ces surlendemains, ces jours d’après.
Car, il faut bien le constater, cette Reine va rester encore et encore dans les coeurs et les esprits, tellement ce qui se passa lors de colloque fut intense.

Cette émotion collective, quelle est elle ? D’où vient elle ?
Tout simplement de la réunion joyeuse de participants d’origine éparse ayant constaté, in situ, que leurs interrogations, réflexions, leurs visions, leurs ressentis et surtout leurs critiques du monde ultralibéral, étaient pleinement partagés par tous les autres participants présents.
Le colloque fut une sorte de communion de pensées, d’affects, et d’enrichissement intellectuel. Une énergie, une force pour continuer à lutter.

Cette émotion a rempli la salle Dussane à travers les interrogations communes sur la marche du monde, ces questions qui laissent chacun intranquille dans son coin avec, pour y voir clair, les moyens comme on peut, toutes ces questions qu’on se pose tous, toutes ces interrogations qui nous taraudent : « Pourquoi subissons-nous ce monde que nous n’avons pas choisi ? ».
Ces interrogations ont trouvé des réponses utiles à travers les différents exposés des intervenants et intervenantes, grâce à leurs lumières, leurs connaissances et pour certaines, grâce au récit de leur émouvant parcours professionnel, totalement engagé sur une vie entière, dans cette guerre de classes, aussi guerre des idées.

Une journée très dense, réunissant 9 intervenantes et intervenants, totalement investis dans leur travaux, que nous remercions une nouvelle fois pour avoir accepté de venir transmettre leurs connaissances, d’avoir soutenu l’engagement de LAHG qui, ce jour-là fêtait ses dix ans d’existence.

C’est tout cela qui explique le plaisir collectif, la joie partagée par l’ensemble du public, participants et intervenants confondus : avoir été rassuré de n’être pas isolé, de vivre et de constater que d’autres personnnes pensaient les mêmes choses.
Et qu’il fallait absolument se doter d’un kit d’autodéfense intellectuelle, pour ne pas se laisser monter sur la cervelle pour reprendre cette si lumineuse expression d’Henri Guillemin.

Le refus de se laisser monter sur la cervelle.

Nous garderons comme beau souvenir l’émotion du public regardant notre montage vidéo des extraits des conférences d’Henri Guillemin parlant des Gens de biens, dénonçant leur permanente forfaiture ; Henri Guillemin parlant des Gens de rien, de la lumière des petites gens, du peuple, à savoir nous-mêmes, avec cette intensité si forte qu’elle fit venir les larmes aux yeux chez certaines personnes qui le découvrait à cette occasion.
Les applaudissements à la fin du film se passent de commentaires.

Le colloque a rassemblé 92 personnes toutes catégories confondues : public, intervenants, organisateurs.
9 intervenants, 6 organisateurs, 77 participants ventilés entre 70 places vendues par internet en amont du colloque et 7 personnes arrivées le jour J.
Le soir même nous avons adressé un petit questionnaire d’évaluation à tous les participants dont nous disposions des adresses mel. Il a été diffusé à 54 personnes (et non pas 70 : en effet, certains achats ont été effectués en groupe : famille, camarades, amis ; plusieurs places achetées via le même nom d’inscription).

A ces 54 demandes, nous avons reçu 22 réponses.

Le questionaire posait quatre questions :
1/ Qu’avez vous ressenti à ce colloque ? Emotions, sentiments, affects
2/ Qu’en avez vous pensé ? Idées, utilité, découvertes, intellect
3/ Qu’est ce que ce colloque vous a donné envie de faire ?
4/ Vos suggestions pour les thèmes de nos futurs colloques

Chacun comprendra que nous ne pouvons pas présenter les 22 réponses dans leur intégralité. Ce sont toujours de longs messages, pleins de joie, d’enthousiasme et de remerciements.
Petit échantillon.

Les réponses à la première question sont unanimes : une immense satisfaction.

Plaisir de se retrouver entre amis de Henri Guillemin, au sein de la prestigieuse ENS (Pierre P.).

Guillemin, toujours d’actualité en 2025, voilà qui lui aurait fait grand plaisir ! Pour moi qui l’ai rencontré à plusieurs reprise à Valenciennes dans les années 70/80, c’est plus qu’une reconnaissance qui ne me surprend pas. C’est cela d’abord mon émotion ce 8 novembre. (Claude L.).

Se retrouver pour résister (Emmanuel P.).

C’est, tout d’abord, une joie que de ne pas se savoir seul.e à penser ce que, « nous autres », nous pensons. (Pierre G.).

J’assiste depuis quelques années aux colloques de l’association car j’ai travaillé et connaissais bien Philippe Guillemin fils d’Henri et parce que j’ai toujours été sensible aux idées de ce dernier. Le colloque du 8 novembre a été pour moi d’une très grande richesse avec la participation de chercheurs plus jeunes dont l’apport est précieux, très branché sur l’actualité. (Pierre U.)

Les réponses à la deuxième question sont riches et convergentes : une même satisfaction.

Personnellement, je trouve indispensable de s’alimenter de connaissances, dans des lieux, des moments de réflexion et de partages autres que la voie médiatique officielle …/… Ceci dit, j’ai beaucoup apprécié l’entrée en matière à l’occasion des dix ans de l’association. C’était un excellent résumé. (Jocelyne et Pierre M.).

Un tel colloque est indispensable et doit être diffusé le plus largement possible, partagé, faire l’objet de publications. Contribuer au réveil des consciences. (Cathy M.).

Depuis mon quotidien des Hauts de France, d’enseignante en lycée et engagée associative, que du bien ! Ce genre de nourriture intellectuelle, morale et affective me semble vitale pour des personnes de même profil que moi, éloignées géographiquement et sociologiquement de ces sources de savoir (Anne J.).

Les réponses à la troisième question se concentrent sur ces mots : résister, continuer à s’enrichir, transmettre aux jeunes générations, appréhender les problématiques d’aujourd’hui, travailler les questions contemporaines.

Ce colloque m’a donné envie de continuer à penser qu’une méthodologie des sciences humaines et sociales plus inclusive et plus collective reste possible. Il m’a aussi donné envie de lire certains ouvrages des intervenant.es qui paraissent fort intéressants. J’ai eu envie de vivre à la campagne avant que cette dernière devienne inhabitable ou privatisée et aussi de devenir majordome d’une famille aristocratique pendant quelque temps pour coffrer de la moula.
Plus sérieusement, il m’a donné envie de m’engager dans une lutte plus concrète contre le libéralisme et ses dérives autoritaires.
(Lucas M.).

L’historique rappelé par le professeur de Bordeaux m’a permis de prendre conscience de la construction et la réflexion très ancienne qui ont présidé à la naissance et au déploiement de ce système. Je ne vois pas aujourd’hui quelle pourrait être l’organisation capable de penser et mettre en oeuvre un système susceptible de le remplacer voire même de s’y opposer. J’ai 86 ans. Militer dans un parti comme je le fis naguère me semble vain. J’ai l’intention de faire connaître ces idées, ces travaux à mes enfants et petits-enfants. (Jacques S.)

Quant aux suggestions pour des thèmes de colloques futurs, les réponses peuvent se résumer à : continuer et même approfondir ce qui est entrepris par LAHG depuis 10 ans.
Ci-dessous , un choix parmi les réponses les plus évidentes et les plus stimulantes.

Henri Guillemin a largement contribué à bouleverser l’histoire officielle et à relever les ‘idées fausses’ du ‘roman national’. Bien qu’il ait peu écrit sur la colonisation, je pense qu’il serait intéressant d’organiser un colloque autour de ce thème (Yves D.).

Continuer à s’appuyer sur la clairvoyance des écrits et conférences d’Henri Guillemin pour éclairer les faits de l’histoire contemporaine afin « de ne pas se laisser monter sur la cervelle » par toutes sortes de diversions et mirages, au point de ne défendre que leurs intérêts actuels au détriment de leurs intérêts futurs, naturellement liés à ceux du grand nombre. Donc choisir une autre œuvre de Henri Guillemin dont les thèmes sont extrapolables vers notre actualité. (Pierre P.).

Tout ce qui relève de l’évolution de notre société. En quoi est-elle la continuation de l’Histoire analysée par Henri Guillemin. (Claude L.).

« Les résistances collectives contemporaines ». Il serait intéressant de se pencher sur des actions collectives concrètes menées pour résister au capitalisme, notamment les marginaux. (Emmanuel P.).

Il serait super intéressant de proposer une colloque autour des victoires et des résistances face aux inégalités sociales. De découvrir des modèles qui fonctionnent ou qui au moins, essaient de s’extirper de la domination ultralibérale. (Lucas M.).

Je pense qu’il faut développer des idées en pratique pour lutter contre ce néo libéralisme et la lutte des classes. Je pense à  » comment reconstruire du collectif » ? Comment faire revenir dans la citoyenneté ? Comment dépasser les peurs et les clivages pour lutter ensemble ?
Il y a aussi un sujet qui me tient à cœur c’est la propagande des médias qui sont détenus par les milliardaires et des radios et chaînes de télé publiques qui fait son œuvre dans la société(et dans mon entourage). Comment se réapproprier l’information et lutter intellectuellement contre ce déversement nauséeux ? Vous êtes une belle découverte et je vous remercie de bien vouloir me tenir informée de vos projets.
(Nathalie G.).

Pour les prochains colloques j’apprécierai de rester dans le concret et le présent toujours en résonance avec la pensée d’Henri Guillemin bien sûr. (Nadine D.).

Je me pencherai sur les débuts de l’UE comme projet du néolibéralisme. Les influences de W. Lippmann sur Jean Monnet. (Rita M. H.).

Pour terminer, voici l’intégralité de la 22ème réponse reçue hier signée de Sylvie M.
A elle toute seule, elle résume tout.

Comme tous nos colloques précédents, celui ci a été filmé. Nous diffuserons, via nos newsletters habituelles, les vidéos de chacune des interventions, dans l’ordre chronologique du déroulement du colloque.
La première vidéo, composée de trois parties : introduction du président de LAHG, montage vidéo des extraits des conférences d’Henri Guillemin sur le thème du colloque et exposé de Jean-Marc Carité, directeur des éditions Utovie, sera mise en ligne le 15 janvier 2026.

…. cette lettre des jours d’après, lendemains et surlendemains, voici des images qui, nous l’espérons, procureront l’énergie pour continuer d’aller de l’avant, malgré toutes les inquiétudes.
Les gens de peu, ces terriens, les peuples, ce qui doit toujours les caractériser en premier, n’est ce pas leur nombre ; leur emphatie – amour -amitié – fraternité ; leurs créations – grâce et beauté ; la jeunesse ?
Et l’espoir.

Ils ont les millions, nous sommes des millions. Manifestation d’appui aux étudiants parisiens, en marge des événements de mai 68, en France.
PHOTO: Getty Images / Agence France Presse

Les papillons de l’espoir. Ici, une nuée de Morpho Didius Tingomariensis laché par un célèbre dompteur de papillons.

A bientôt.