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Supervivant

C’est sans doute dans Supervivant, (Manalive en anglais), roman parmi les plus jubilatoires que Chesterton (1874-1936) a le plus complètement rendu compte de ses visions si singulières. Supervivant est l’apologie extraordinaire de l’existence comme une fin en soi.
Roman policier, roman fantastique, roman espiègle, parabole métaphysique, ce livre est tout cela à la fois.
« Chesterton est l’un des premiers écrivains de notre temps et ceci non seulement pour son heureux génie de l’invention, pour son imagination visuelle et pour la félicité enfantine ou divine que laisse entrevoir chaque page de son oeuvre, mais aussi pour ses vertus rhétoriques, pour sa pure virtuosité technique. » (Jorge Luis Borges).

Quatre accusations pèsent sur Innocent Fève, sans doute le héros le plus paradoxal imaginé par l’auteur : meurtre, cambriolage, abandon, polygamie. Mais au fond quel est le crime d’Innocent Fèvre ?

Après une première partie éblouissante, la seconde partie développe le procès privé de l’accusé. La façon dont les quatre crimes sont démontés est un chef d’oeuvre de paradoxe et d’hymne à la vie.
« En somme, ce qu’on reproche à Innocent Fèvre, c’est le fait qu’il est différent des autres, qu’il se moque des convenances et des règles de bonne conduite imposées par la société, qu’il ne se plie pas aux usages, ce masque officiel de l’hypocrisie établie, érigée en système ».

Edition : L’Age d’Homme ; 190 pages ; parution 1981

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Colloque Henri Guillemin 2025 – Les vidéos sont en ligne – Episode n° 3

Raboteurs de parquet. (1875 )Tableau de Gustave Caillebotte (1848-1894 ). Huile sur toile 102 × 147 cm.
Musée d’Orsay Paris.

Faisant suite aux premières diffusions, (premier épisode, le 6 janvier, deuxième épisode le 20 janvier), nous poursuivons la mise en ligne de cette dense journée du 8 novembre 2025.

Nous avons le plaisir aujourd’hui de diffuser deux vidéos complémentaires qui concernent les « Gens de rien » : leurs conditions d’existence par rapport au monde du travail.

Plus précisément, les deux enseignants chercheurs, sociologues, Nicolas Roux et Luc Sigalo Santos nous présentent la réalité cachée de ce que l’on appelle le marché du travail en régime ultralibéral.
Ils nous exposent en détails la réalité des conditions de recherche d’emploi, comment se construit les fausses vérités concernant les chômeurs. Ils nous font ressentir la réalité de la précarité.

Nicolas Roux est sociologue, maître de conférences à l’université de Reims Champagne-Ardenne, chercheur au Centre d’Etudes et de Recherches sur les Emplois et les Professionnalisations (Cérep) et au Centre d’études de l’emploi et du travail.(CEET).
Son intervention s’intitule La précarité durable. S’adapter à un fait social n’est pas « choisir.

Luc Sigalo Santos est maître de conférences en science politique, Aix-Marseille Université, chercheur au Laboratoire d’Economie et de Sociologie du travail (LEST ).
Son intervention a pour titre : Contrôler les chômeurs pour atteindre le plein-emploi ? Genèse, usages et effets d’un mot d’ordre coercitif.

A la fin février sera mise en ligne la vidéo du philosophe Dany-Robert Dufour :

Son intervention American psycho now, nous transportera chez les « Gens de biens » pour nous présenter la conception de la vie des gens de l’hyper classe, en s’appuyant sur le célèbre roman American psycho (1991) de Bret Easton Ellis.
Ce roman, en effet, décrit la vie d’un golden boy, trader à Wall Street le jour et tueur en série à ses moments perdus. Pour lui, il y a ceux qui ont des biens et ceux qui n’ont rien. Ceux qui n’ont rien ne sont rien. Ce sont des déchets, qu’il faut éliminer.
Une illustration prémonitoire.

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Colloque Henri Guillemin 2025 – Les vidéos sont en ligne – Episode n° 2

Photo montage LAHG. Caricature des trois ordres imprimée en 1789 / Couverture du livre éducatif en 2024 de Equipo Plantel et Joan Negrescolor, Ed. Rue de l’échiquer.

Comme prévu, après la diffusion du premier épisode, le 6 janvier dernier, nous poursuivons la mise en ligne de cette dense journée du 8 novembre 2025.

Nous avons le plaisir aujourd’hui de diffuser deux vidéos : l’introduction de nature économique par Michel Cabannes et la conclusion de nature philosophique par Caëla Gillespie.

Ainsi le cadre général du colloque est posé ; l’ouverture sur l’origine, le fonctionnement et les développements du régime ultralibéral et la conclusion sur le monde aujourd’hui, ses futurs en cours de développement et comment s’y opposer.

Michel Cabannes est Maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux. Son intervention s’intitule L’inspiration ultra-libérale des politiques économiques : origines, applications, implications.

Caëla Gillespie est professeure agrégée de philosophie, docteure en philosophie. Son intervention a pour titre Face à l’oppression que constitue la fabrication de l’apolitisme, un réveil est-il possible ?

Vers le 5 février, seront mises en ligne deux vidéos :

  • La situation chez les « Gens de rien » ; les conditions de travail, la réalité du marché du travail avec Nicolas ROUX, Sociologue, Maître de conférences à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, Responsable du département « Carrières sociales » de l’IUT de Reims-Châlons-Charleville, chercheur au Centre d’Etudes et de Recherches sur les Emplois et les Professionnalisations (Cérep) et au Centre d’études de l’emploi et du travail.(CEET). Son intervention a pour titre : La précarité durable. S’adapter à un fait social n’est pas « choisir »
  • La situation chez les « Gens de rien » au niveau du marché du travail et du non travail avec Luc SIGALO SANTOS, Maître de conférences en science politique, Aix-Marseille Université, LEST (Laboratoire d’Economie et de Sociologie du travail), associé au laboratoire Triangle. Son intervention s’intitule : Contrôler les chômeurs pour atteindre le plein-emploi ? Genèse, usages et effets d’un mot d’ordre coercitif .
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Bonne Année 2026

Progresser malgré tout

Le refus de se laisser monter sur la cervelle
Henri Guillemin

Chers abonnés, chers adhérents, chers amis,

L’Association « Les Amis d’Henri Guillemin (LAHG) » vous présente ses meilleurs vœux pour cette Nouvelle Année 2026.

Recevez nos chaleureux remerciements pour votre soutien, votre fidélité, ainsi que pour vos encouragements et suggestions d’actions à mener. Car en effet, pour employer l’expression fétiche de nos amis Les Mutins de Pangée, il ne faut pas mollir.

Les nombreuses réponses à notre questionnaire d’évaluation du dernier colloque, le 8 novembre dernier à l’ENS (dont nous avions fait part dans la newsletter du 19/11), nous stimulent pour continuer d’aller de l’avant. Et si l’on prend en compte les messages qui ont continué de nous arriver encore au mois de décembre, cela nous encourage plus que tout.

Le dernier, daté du 12/12, est un long mel d’une participante au colloque, exprimant la joie d’avoir découvert Henri Guillemin, qui se termine ainsi : Donc, pour terminer ce qui ne devait être que quelques lignes… les éléments partagés par Mr Guillemin me semblent tellement essentiels pour comprendre notre actualité ! Elle qui ressemble à s’y méprendre à la continuité de ces grandes trahisons si terriblement choquantes de la classe dirigeante française !

Parmi les enseignements de ce colloque, deux se détachent et font consensus : avoir renforcé sa conscience des mécanismes de fabrication des inégalités, aujourd’hui, entre les « gens de biens » et les « gens de rien », grâce à la qualité des intervenants et de leur exposés ; avoir constaté et ressenti une heureuse communion de pensée brisant chez chacun le sentiment d’isolement.

La grande majorité du public ce jour-là avait comme point commun d’avoir connu, jeune, les années soixante-dix, celles d’où parlait Henri Guillemin, celles d’avant le tsunami ultralibéral ; un atout essentiel pour mesurer l’ampleur du bouleversement du monde cinquante ans plus tard.

La grande majorité du public ce jour-là aurait pu reprendre à son compte les paroles de Chateaubriand qui, dans ses mémoires d’outre-tombe, disait : « Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves : j’ai plongé dans les eaux troubles, m’éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue ». (Mémoires d’outre-tombe ; livre 42, chapitre 17).

En 2026, cette espérance impose de continuer de décrypter et de comprendre le monde pour continuer à résister et avancer.

Au cours de cette nouvelle année nous allons présenter les suites de cet événement. Tout d’abord la mise en ligne, à intervalles de deux semaines, des neuf interventions, en commençant dès aujourd’hui par la diffusion de la première vidéo : l’exposé introductif composé de trois mouvements.

Ensuite, l’élaboration des actes du colloque dont la parution est envisagée avant l’été prochain.

Enfin, la préparation du prochain colloque dont l’étude est déjà en cours.

L’épigraphe en tête de cette lettre, « Le refus de se laisser monter sur la cervelle » est le titre d’un article d’Henri Guillemin publié le 16 octobre 1968 dans la Tribune de Genève.
Lire cet article essentiel permet de comprendre toute la démarche critique d’Henri Guillemin qu’il ne modifiera pas d’un iota jusqu’à la fin de sa vie. 

Henri Guillemin le 17 avril 1971. Photogramme de la conférence vidéo consacrée au premier épisode de sa série sur la Commune. Source : RTS

Ce texte fait partie du recueil De l’Histoire et de la Littérature – sélection d’articles 1964-1974, édition établie par Patrick Berthier, aux éditions Utovie.
Nous ne pouvons que vous recommander de lire cet ouvrage. Il rassemble 68 articles richement annotés par P. Berthier. 68 moments de plaisir pour savourer la plume de Guillemin, en histoire politique comme en littérature et aussi apprendre, grâce à l’appareil critique haut de gamme, une somme d’informations en histoire littéraire.
Pour le commander, cliquez ici.

(On voudra bien nous pardonner de n’avoir pas pu, pour des raisons techniques, intégrer les notes de bas de pages dans ce texte. Il faut les lire. Et pour cela, c’est très simple, vous pouvez lire l’article tel qu’il figure dans l’ouvrage cité, en cliquant ici).

Tous nos colloques sans exception, depuis la création de l’association il y a dix ans, se sont ouverts par une intervention introductive visant à présenter Henri Guillemin et à situer ses travaux dans le thème du colloque choisi.

Le 8 novembre, on n’y dérogea pas, d’autant qu’elle était cette fois-ci, davantage que d’habitude, aussi nécessaire que pédagogique.

En effet, le thème du colloque, au centre de la démarche critique de Guillemin, l’imposait. Et puis, le 8 novembre, à quelques jours prés, l’association LAHG fêtait ses dix ans d’existence.

D’où cette introduction innovante en trois mouvements :

– Introduction générale par Edouard Mangin

– Montage vidéo d’extraits des conférences filmées de Henri Guillemin sur le thème du colloque

Henri Guillemin, un humaniste de gauche, fidèle à ses convictions, exposé de Jean-Marc Carité, directeur des éditions Utovie, ayant connu Guillemin de son vivant.

NB. C’était la première fois que nous projetions Henri Guillemin en salle Dussane. Le succès rencontré par le film nous a conduit à renouveler l’expérience pour les colloques suivants. Chose rare, le film fut applaudi. On entendit « ce film a donné le ton à la journée ». Dont acte.

Après cette introduction, nous allons mettre en ligne les vidéos des interventions à raison d’une newsletter tous les quinze jours présentant une ou deux vidéos à chaque fois.

Ainsi, vers le 20 janvier prochain, seront mises en ligne deux vidéos :

  • la présentation du régime ultralibéral sur le plan économique avec l’exposé de Michel Cabannes, Maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux : L’inspiration ultra-libérale des politiques économiques : origines, applications, implications
  • la présentation de la vraie réalité du régime ultralibéral sur le plan philosophique avec l’exposé de Caëla Gillespie, Professeure agrégée de philosophie, docteure en philosophie Face à l’oppression que constitue la fabrication de l’apolitisme, un réveil est-il possible ?
La Colombie est un gâteau ; oeuvre de l’artiste colombien Jorge Julian Aristizabal (né en 1962) ; Peinture industrielle sur billets de banque, sphère en déchets organiques et graphite, 10 × 30 cm. 2015-2016 ©