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Bicentenaire de la Révolution : les turbulences de Guillemin

Portrait de Maximilien Robespierre – Musée Carnavalet.

En guise d’introduction 

Pour comprendre toute la portée de cet article/interview et saisir les raisons de la fougue de Henri Guillemin, il est nécessaire de rappeler le contexte de l’époque.
En 1988, la France commence les préparatifs de la célébration du bicentenaire de la Révolution. Après la réélection de François Mitterrand, le bicentenaire va se cumuler avec la réunion à Paris du G7, dont la France tient cette année-là la présidence. Une occasion historique pour que la Fête Nationale française soit médiatisée dans le monde entier.

Mais dans l’intelligentsia dominante, les thèses de François Furet réécrivent l’Histoire et triomphent ; elles sont relayées à satiété par les médias.
En ce qui concerne la Révolution, elles se résument à présenter 1789 comme une réforme générale nécessaire qui se déroulait pacifiquement quand une bande de sauvageons Montagnards a tout fait déraper à partir de début 1793.
Négation de la 2e révolution 1792 – 1794 décrite par Guillemin, négation de la prise de pouvoir des thermidoriens puisque, pour Furet, la Convention montagnarde n’est qu’une parenthèse, tellement minime qu’il convient de la laisser dans les oubliettes de l’Histoire.

C’est dans ce contexte intellectuel que la Fête du bicentenaire s’est déroulée. Pas question d’évoquer les avançées politiques de la Convention montagnarde, encore moins de prononcer le nom de Robespierre, et encore moins de mentionner son programme politique.
S’en suivit le barnum festif de Jean-Paul Goude sur les Champs Elysées.

Une sorte de « doxa impériale » régnait dans le domaine des idées, partout,  en littérature comme en histoire. Trente ans plus tard, la situation s’est empirée (ce nous verrons au colloque Guillemin du 28 novembre prochain  sur le thème : Enseignement de l’Histoire en péril – Histoire politique, littéraire, économique ).

« Révolution ! Ce mot que la pensée dominante voudrait bien effacer » écrivions-nous en inter titre d’une précédente newsletter de Patrick Rödel le 7 juillet 2017 – un succès auprès de notre lectorat. (pour la relire, c’est ici)

D’où une mise au point générale et énergique d’Henri Guillemin qui profita à plein de l’aubaine de cette interview pour remettre les choses à l’endroit, sur tous les sujets qui lui tenaient à coeur.
Il fallait effectivement réagir. Ce que fit Guillemin.

A l’époque, les mises au point énergiques de ce genre, quand elles eurent lieu, rencontrèrent les plus grandes difficultés pour être relayées par les médias. (et aujourd’hui donc !)

Merci donc à Patrick Berthomeau d’avoir fait en sorte que le journal Sud-Ouest publiât cette mise au point salutaire.

L’article ci-dessous est la retranscription fidèle de l’article paru le 10/01/1988 dans le journal Sud-Ouest à partir de l’original, textes et intertitres compris. L’ensemble figure en bleu.

 

L’article/interview d’Henri Guillemin

 
Napoléon, Robespierre et les autres…

Les turbulences d’Henri Guillemin

Amateurs d’inédits, voyez Henri Guillemin. Il a toujours quelques surprises à agiter. Robespierre lui-même n’en revient pas. Et il s’en tire bien !

Le bicentenaire de la Révolution approchant, comités et associations phosphorent. Ici et là on exhume le souvenir de modestes rédacteurs de cahiers de doléances et l’on s’apprête à ressusciter d’obscurs députés. Et j’imagine qu’à Arras, plus qu’ailleurs on se torture les méninges : que faire de ce foutu Robespierre ? Si le personnage est inévitable, quelle réputation !

L’homme de la Terreur, le grand pourvoyeur de la guillotine, celui qui expédia la reine à l’échafaud ! On cherche en vain les hommes politiques se réclamant de sa pensée. Et si les héros vrais ou supposés de la Révolution française ont beaucoup donné pour nos rues et nos places, le nom de Robespierre, lui, reste prudemment confiné dans les livres d’histoire et les traités de science politique. Définitivement catalogué comme mauvais génie de la Révolution – avec son compère Saint-Just – il n’a droit qu’au placard de l’Histoire.
Mais enfin, Henri Guillemin vint !

Ce n’est pas sur lui qu’il faut compter pour amener de l’eau au moulin des idées reçues historiques ou littéraires. Depuis cinquante ans il prend plaisir à écorcher les statues les mieux polies, à écorner les légendes les plus parfaites et à lacérer les portraits les plus amoureusement retouchés.
Lorsque le choeur extasié des académies se met à chanter la louange de Vigny, « le grand poète du destin et de la tragédie humaine », on entend sous les zim-boum-boum gronder la voix de Guillemin : « Une belle figure de salaud, oui ! Un délateur. »

« Napoléon? Ce voyou, ce racketteur! »

Et quand le culte napoléonien déchaîne ses fastes consensuels, Guillemin se met à hurler : « Al Napone ? Ce voyou, ce racketteur qui fit des conscrits ses hommes de mains et de la France une proie secondaire après l’écroulement de son rêve d’un Empire d’Orient ? »
On pourrait en aligner d’autres : Benjamin Constant, Madame de Staël, Voltaire et les encyclopédistes. Même Péguy pour qui il avoue quelque tendresse n’échappe pas à la volée de bois vert.

C’est clair : Henri Guillemin ne confond pas biographie et hagiographie et s’il attache tant d’importance aux documents c’est qu’il n’a pas son pareil pour découvrir ce que d’autres n’avaient pas vu ou pas voulu voir.
Son travail sur Robespierre n’échappe pas à cette règle.

Il ne fait pas de Maximilien une figure de vitrail, loin s’en faut, et il avoue même que la complexité du personnage le laisse perplexe. Mais lui qui sait ce qu’aversion veut dire, cherche à comprendre pourquoi Robespierre suscita tant de haine chez les historiens et particulièrement chez Michelet.

La réponse n’est pas la Terreur et ses quatorze mille morts. Elle est plus profonde, politique et religieuse. Dune part, le député d’Arras ne veut pas d’une Révolution accaparée par les riches et les possédants mais rêve d’une cité pour tous les hommes; d’autre part s’il lutte contre l’Eglise en tant que force politique et sociale, il reste un mystique, profondément convaincu de la présence divine.
En somme, ce qui fut fatal à Robespierre et à sa réputation, ce n’est pas la guillotine dressée
place de la Révolution mais la fête de l’Etre suprême organisée au Champ de Mars le 20 prairial de l’an II (8 juin 1794). Un mois et demi plus tard venait thermidor…

Pour ce politique presque naïf, tourmenté et assoiffé de pureté, Henri Guillemin a même déniché une épitaphe empruntée au docteur Magiot, un personnage des « Comédiens» de Graham Greene : « J’aimerais mieux avoir du sang sur les mains que l’eau de la cuvette de Ponce Pilate. »

Ce Robespierre échappant aux clichés qui nous tiennent généralement lieu de vision historique est le dernier en date des « coups » d’Henri Guillemin.
Il en a surpris plus d’un.
Pourtant, depuis le temps qu’il pratique ce genre d’exercice, traquant dans
les textes et les documents ce qui fait l’humanité de gens à qui l’Histoire a taillé des habits parfois trop beaux et trop grands, nous devrions être habitués.
Nous ne le sommes pas tout à fait.

Si Henri Guillemin occupe aujourd’hui une place unique dans le paysage intellectuel, ce n’est pas seulement parce qu’il adore balancer des pétards sous les fauteuils où certains de ses collègues somnolent confortablement. La provocation est un art banal. Ce qui l’est moins c’est ce qui fait de Guillemin un écrivain singulier.

Alors que son travail de recherches et d’exposition de documents pourrait être d’une absolue sécheresse, il devient sous sa plume celui d’un archiviste lyrique, faisant passer dans son écriture la violence de regard.

Les premières lignes de son « Péguy » sont à cet égard significatives : « Péguy l’immuable, proclame un zélateur. Si j’étais moins docile aux convenances et moins respectueux du style noble, je murmurerais : marrant ! » Et ce simple mot, marrant, annonce cinq cents pages où l’affliction le dispute à l’indignation.

C’est dans la Suisse réputée paisible que vit depuis quarante-cinq ans ce casseur de réputation cet empêcheur d’admirer en rond. A Neuchâtel, à deux pas du lac, dans le quartier universitaire, il occupe le premier étage d’une maison grise. Il s’est posé là avec femme et enfants en 1942.
Il arrivait de Bordeaux. Le cours du temps l’avait contraint à abandonner la chaire de littérature comparée qu’il occupait à la faculté des lettres depuis 1938.
Il laissait ses étudiants orphelins, et ils en témoignent encore : ils étaient littéralement suspendus à la parole de ce prof d’un modèle peu courant, capable de transformer ses cours en bataille d’« Hernani » et de faire se pâmer les jeunes filles rien qu’en évoquant la mort de Rimbaud.
Ce conférencier plus que brillant qui parlait sans notes et dont la voix portait l’émotion leur apprenait, au-delà de la littérature, une façon d’être et de regarder le monde.

Ami de Mauriac et de Maurice Chevalier

A 85 ans, il n’a rien perdu de son besoin de convaincre et il est toujours prêt à s’emporter.
Séquelle
d’une tuberculose vieille de soixante ans, il a le souffle court ; la voix légèrement cassée suit ce rythme imposé et l’expression n’en est que plus percutante. Derrière les gros verres de myope, le regard brille et s’amuse sans arrêt ; les mains toujours en mouvement semblent se saisir des idées pour mieux les pousser en avant ou les étrangler.
Henri Guillemin parle comme il écrit, en s’y mettant tout entier.

Alors, sous les dessins de Victor Hugo, le portrait de Marc Sangnier, les photos des enfants et des petits enfants qui ornent le salon où il reçoit ses visiteurs, au fil de la conversation, il étrille les uns et célèbre Lamartine, Hugo, Jaurès ou Lucien Herr…

Il parle aussi de l’Eglise à laquelle il reste fidèle malgré tout et se définit d’un joli mot : « Je suis un catholique sélectif. »

Il évoque son amitié de plus de quarante ans avec François Mauriac ; elle connut bien des orages mais jamais ne se démentit.
Claudel traverse à son tour la pièce ; le patriarche de Brangues reçut avec méfiance ce M. Guillemin qui avait l’intention de faire une conférence sur lui mais bientôt entra dans la voie des confidences.

Plus surprenantes encore ses relations avec Maurice Chevalier.
Henri Guillemin avait fait la connaissance du chanteur à l’occasion d’un séjour que celui-ci avait fait à Davos après la guerre. Leurs planètes respectives étaient fort éloignées l’une de l’autre : leur curiosité — partagée — n’en fut que plus grande. Toujours est-il que Chevalier ne manquait pas à Paris les conférences de Guillemin et qu’il lui prodigua même quelques conseils pour bien se tenir en scène…

Tel est le vieil oncle impossible de la famille littéraire. Les aînés, bien obligés de l’inviter à partager le repas, le surveillent avec anxiété. Mais, en bout de table, les petits neveux guettent avec gourmandise les éclats de cet ogre aimable, capable de bouffer tout cru tant de gens fameux qui n’étaient peut-être pas aussi estimables qu’on avait bien voulu le leur apprendre.

Pour aller plus loin avec Guillemin

Fête Nationale oblige, sont ici rappelés les ouvrages et événements autour de la Révolution française en général et de Robespierre en particulier.

Editions Utovie – 280 pages – 26 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Editions Utovie – 130 pages – 14 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Editions Utovie – 432 pages – 32 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Editions Utovie – 182 pages – 18 € (pour en savoir plus, cliquez ici)

Pour revoir les vidéos du colloque du 26 octobre 2013 sur le thème : Henri Guillemin et la Révolution française – le moment Robespierre cliquez ici

Pour voir l’article original de Patrick Berthomeau paru dans le journal Sud Ouest du 10 janvier 1988, cliquez ici

Pour aller plus près

Comme chaque année à cette période de vacances, nous interrompons nos travaux. Ils reprendront dans les tous prochains jours de septembre (une newsletter est déjà en préparation).

Nous serons alors à trois mois du colloque Guillemin à l’Ecole Normale Supérieure.

D’ici là, nous vous souhaitons un bel été et de très bonnes vacances.

Note composée par Edouard Mangin

Demolition de la Bastille – estampe éditée par Basset – 1789 – Gallica/BnF

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Colloque Guillemin du 28/11/20

Colloque Henri Guillemin 2020

Henri Guillemin (1903-1992) © ANDERSEN ULFSIPA 

Colloque Guillemin – Le pré- programme

Dans un peu plus de cinq mois, le samedi 28 novembre 2020, se tiendra le prochain colloque Henri Guillemin.

Comme chacun-e le sait, le thème de cette année ne porte pas sur une période historique particulière, mais sur une problématique transversale concernant l’enseignement, très orienté aujourd’hui, de l’Histoire.

Il s’agit d’expliciter les rouages du formatage à l’oeuvre au sein de cette base institutionnelle, celle de l’enseignement, tous corps confondus, un des vecteurs clé de l’endoctrinement.

Ce formatage de l’enseignement est en oeuvre depuis des années. Il est renforcé, sophistiqué, réformes après réformes et il s’est aggravé de façon alarmante ces dernières années.

Il touche plusieurs disciplines importantes. En fait, toutes les Sciences Humaines, celles justement, et comme par hasard, où s’élaborent et se transmettent les outils nécessaires pour comprendre comment est réellement organisée la société, pour prendre conscience des rapports de force en oeuvre, et ainsi agir en conséquence.

Toute la pensée critique est ainsi touchée par ce formatage de l’ordre dominant : les idées, les essais théoriques, les connaissances, les preuves des faits historiques, le raisonnement dialectique, les ruptures épistémologiques, l’analyse critique, la déconstruction méthodique des vérités toutes faites.

Bref, tout le vaste éventail des ressources intellectuelles nécessaires à l’Agir conscient. L’Agir, par pensée rationnelle et humaniste, et non par endoctrinement absurde et égoïste. 

Ce stratagème de la Domination ne date pas d’hier. Il a été déjà dénoncé, à son époque, par Henri Guillemin. (Thème qui sera abordé au prochain colloque du 28/11/20).

Ainsi, le thème du colloque s’intitule :

Enseignement de l’Histoire en péril – Histoire politique, littéraire, économique.

Affiche du film Being John Malkovich (1999) de Spike Jonze (Adam Spiegel, dit Spike Jonze réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain né en 1969) 

La journée du 28 novembre 2020 sera particulièrement riche puisque pas moins de huit intervenants viendront présenter l’état des choses sur ce sujet dans les différentes disciplines.

Concernant l’enseignement de l’Histoire, dans les disciplines indiquées, ce colloque s’adresse à tous les citoyens souhaitant y voir plus clair, au- delà de l’enfumage vaporisé à profusion.

Depuis notre dernière lettre d’information, deux intervenantes ont dû annuler, mais heureusement, elles ont pu être promptement remplacées.

Par ailleurs, nous avons reçu pratiquement tous les thèmes d’intervention des différents intervenants.

Raison suffisante pour vous présenter le pré-programme avec la liste définitive des intervenants et les thèmes qui seront développés.
Ils sont encore indiqués par ordre alphabétique, avant la publication, mi-septembre prochain, du programme définitif.

Yves Ansel
Agrégé ès lettres, docteur d’Etat, professeur émérite à l’Université de Nantes, spécialiste de la littérature française des XIXe et XXe siècles.

Thème : Histoire littéraire, histoire légendaire

Patrick Berthier
Professeur émérite, ancien élève de l’ENS, agrégé de lettres, docteur d’Etat, co-fondateur de LAHG.

Thème : « Ne pas se laisser monter sur la cervelle » : Guillemin face à l’enseignement de son temps

Florence Gauthier
Historienne, Maître de conférences en Histoire moderne – Université Paris VII-Denis Diderot 

Thème : Comment enseigner la philosophie des Lumières aujourd’hui ? (Les Lumières ont été transformées, ces dernières décennies en une idéologie, celle de la vision d’un monde économiciste, conquérant et eurocentré.
Retour à la question posée par Kant en 1785 : qu’est-ce que les Lumières ?)

Rémy Herrera
Economiste, docteur d’État, chercheur au CNRS (Centre d’économie Sorbonne). Enseigne à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Thème : L’enseignement des sciences économiques et de l’économie politique en péril.

Fadi Kassem
Professeur dans le secondaire et en classes préparatoires aux grandes écoles, diplômé de Sciences Po Paris, agrégé d’histoire, (CPGE), ancien membre du jury du CAPES externe d’histoire-géographie.

Thème : L’histoire droitisée : le triomphe d’une vision réactionnaire du monde.

Annie Lacroix-Riz
Historienne, ancienne élève de l’ENS, agrégée d’histoire, docteur d’Etat, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot.

Thème : La CIA et l’étude des relations internationales à l’Institut d’Etudes Politiques depuis les années 1950.

Shlomo Sand (sous réserve)
Professeur à l’université de Tel Aviv, docteur d’État, historien spécialisé dans l’histoire contemporaine.

Thème : Crépuscule de l’Histoire. La fin du roman national ?

Précision : les intitulés indiqués à ce jour sont susceptibles d’ajustements rédactionnels ultérieurs. 

Date, lieu, inscriptions

La date du Colloque Henri Guillemin est fixée au samedi 28 novembre 2020.
Le lieu est le même qu’en 2018 : salle Dussane – Ecole Normale Supérieure – 45, rue d’Ulm 75005 Paris.

L’ouverture des inscriptions aura lieu à la mi- septembre 2020. Comme précedemment, elles s’effectueront via internet, à partir de notre site.
Une lettre d’information sera diffusée autour du 15 septembre prochain, indiquant les modalités à  suivre.

Comme toujours, le colloque sera enregistré audio/vidéo par nos soins. Les interventions seront ensuite mises en ligne sur notre site internet et également sur youtube.

Les actes du colloque seront publiés aux éditions Utovie, courant du second trimestre 2021.

Mois de septembre 2020 

Pour nous, pour les Ami(e)s d’Henri Guillemin, c’est un mois qui s’annonce très riche. 
Pour commencer : dès le 1er septembre, nous lancerons la deuxième édition du Prix Henri Guillemin. Une « newsletter » indiquera et précisera les modalités à suivre pour les abonné-es.

Ensuite ?
  • Autour du 15 septembre : stabilisation du programme du colloque Guillemin.
  • Ouverture officielle des inscriptions.
  • Lancement d’une opération presse et de relations publiques autour du colloque, des travaux d’Henri Guillemin et de nos activités à LAHG.

Entre la mi et la fin du mois, réunion du jury du Prix Henri Guillemin, à Paris, qui décernera le Prix Guillemin à l’un des finalistes retenus (voir nos lettres précédentes sur ce sujet).

A partir de mi septembre et au-delà

– Communications sur le thème du colloque et sa problématique politique.
– Reprise, après l’interruption dûe à Korona, des travaux préliminaires à la réalisation d’un documentaire long métrage sur : « les impérieuses raisons, aujourd’hui, de lire, d’écouter et d’intégrer les travaux d’Henri Guillemin » (*)
– Préparation des prochains événements grand public, médiatisés, relatifs aux ouvrages sur/de Henri Guillemin en cours de préparation. Il s’agit d’événements éditoriaux inédits, inscrits dans notre objectif de développer, urbi et orbi, les travaux de Guillemin. 
Les détails de ces événements, entièrement liés au travail d’édition en cours (effectué par Patrick Berthier), seront communiqués en temps utiles.

(*) : titre provisoire de l’éditeur.

Note rédigée par Edouard Mangin

L’Esprit de notre temps – Tête mécanique (1919) – Sculpture de Raoul Hausmann (1886 – 1971)
Ecrivain, photographe plasticien dadaïste autrichien
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Malgré le coronavirus, de bonnes nouvelles

La bonne nouvelle – Colloque Henri Guillemin

Elle se concrétise par la photo du fronton de l’ENS.

Nous avons en effet reçu la confirmation de notre demande de réservation de la salle Dussane. Le colloque Guillemin se déroulera donc dans les mêmes conditions que celui de 2018.

Il aura fallu jusque-là vivre un petit suspense. En effet, compte tenu de la difficulté de trouver une salle dans Paris pour ce type de manifestation, à des conditions abordables, les services de l’ENS avaient été sollicités dès l’automne dernier.
J’appris alors qu’on ne pouvait rien me confirmer avant les résultats d’une campagne interne que l’administration a dorénavant décidé de lancer, destinée à recueillir les besoins internes, déterminant ainsi la disponibilité des salles.

Nos chances relevaient du jet de dé ou du poker.
Les recherches parallèles auprès des universités eurent le mérite de me confirmer qu’effectivement, cahin-caha, elles se muaient en start’up, en proposant la location de leurs amphis à des prix dépassant, pour certaines, la somme de 5000 €.

On ne m’a pas caché que corona avait bousculé les choses ; l’école ne réouvrira probablement pas avant septembre prochain.

Toujours est-il que c’est une bonne nouvelle pour nous tous.

Le colloque Guillemin est donc finalisé. Il faut encore définir les thèmes d’intervention de chacun, mais nous avons encore le temps.

Pour rappel, je remets les éléments définitifs de la manifestation. Le colloque rassemblera des intervenants reconnus dont le témoignage portera sur le thème : « Enseignement de l’Histoire et Recherche en péril (histoire politique, littéraire, économique) »  

La date est fixée au samedi 28 novembre 2020, salle Dussane – Ecole Normale Supérieure – 45, rue d’Ulm 75005 Paris.

Ci-dessous, les intervenants, présentés par ordre alphabétique.

Yves Ansel
Agrégé ès lettres, docteur d’Etat, professeur émérite à l’Université de Nantes, spécialiste de la littérature française des XIXe et XXe siècles.

Patrick Berthier
Professeur émérite, ancien élève de l’ENS, agrégé de lettres, docteur d’Etat, co-fondateur de LAHG.

Benoît Bréville
Rédacteur en chef du Monde Diplomatique, Historien, docteur en histoire.

Florence Gauthier
Historienne, Maître de conférences en Histoire moderne – Université Paris VII-Denis Diderot 

Rémy Herrera
Economiste, docteur d’État, chercheur au CNRS (Centre d’économie Sorbonne). Enseigne à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Fadi Kassem
Professeur dans le secondaire et en classes préparatoires aux grandes écoles, diplômé de Sciences Po Paris, agrégé d’histoire, (CPGE), ancien membre du jury du CAPES externe d’histoire-géographie.

Annie Lacroix-Riz
Historienne, ancienne élève de l’ENS, agrégée d’histoire, docteur d’Etat, professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot.

Shlomo Sand (sous réserve)
Professeur à l’université de Tel Aviv, docteur d’État, historien spécialisé dans l’histoire contemporaine.

Le Prix Henri Guillemin

Nous avons pu, avant le black out, faire parvenir aux membres du jury les ouvrages finalistes. Selon le nombre d’exemplaires reçus des éditeurs, nous avons effectué soit une diffusion complète, soit défini une circulation des livres entre les membres.

A cause du confinement, celle-ci est momentanément arrêtée. Elle reprendra dès le retour à la normale, dont nous savons depuis peu qu’il interviendra à partir du 11 mai prochain.

Sans changement, le jury se réunira durant la première quinzaine de septembre prochain, dans un lieu convivial restant à déterminer.

A cause du confinement, deux ouvrages n’ont pu être diffusés et le seront à partir du 11 mai.
Il s’agit de :

Le venin dans la plume de Gérard Noiriel. Ed. La Découverte

Comment l’Amerique veut changer de Pape de Nicolas Senèze. Ed. Bayard

Je rappelle les ouvrages finalistes en cours de lecture, présentés, dans un souci de neutralité, par ordre alphabétique d’auteur.

La Guerre civile en France, 1958-62 : Du coup d’état gaulliste à la fin de l’OAS

de Grey Anderson. Ed. La Fabrique

Le Peuple Souverain et Sa Représentation – Politique de Robespierre 

de   Yannick Bosc. Ed. Crtiques

Récidive : 1938

de Michaël Foessel. Ed. PUF

Des Républicains ou le roman vrai des Raspail

de Ludovic Frobert. Ed. Libel

La non-épuration en France – De 1943 aux années 1950

de Annie Lacroix-Riz. Ed. Armand Colin

 

 

Eugène Varlin

de Jacques Rougerie. Ed. Du détour

La surprise – Jean-Luc Godard

Je vous laisse la découvrir par vous-même dans cette toute récente interview vidéo du cinéaste, confiné chez lui en Suisse.
Godard, aujourd’hui 89 ans (né le 3 décembre 1930), restera jusqu’au bout impertinent et caustique et….intéressant. Il ne porte pas de masque et prend un malin plaisir à fumer un gros cigare et à parler en le machouillant. Sa voix chevrotante, surtout au début de l’interview, n’arrange rien.

Godard est très clivant : on adore ou on déteste. Ses interventions sont devenues rares et lorsqu’elles surviennent, cela crée un petit événement. Ici, il a accepté de répondre en direct sur le compte Instagram de l’ECAL, (une école d’art de Lausanne) aux questions du cinéaste suisse Lionel Baier.  

Mais là n’est pas la surprise. Pour bien l’entendre et la capter, car c’est très court, je vous conseille de mettre des oreillettes ou un casque.

Les fans de Godard écouteront la totalité de l’interview, mais pour aller directement au but et découvrir cette surprise, il faut mettre le curseur sur la 23e minute et à partir de là, écouter très attentivement. Vous verrez, ou plutôt, vous écouterez, ce n’est pas long, mais ça fait plaisir.

Note rédigée par Edouard Mangin

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Prix Henri Guillemin : les finalistes sont sélectionnés

Prix Henri Guillemin

Nous sommes entrés dans la phase finale de cette nouvelle action que nous avons décidé de créer pour diffuser le plus amplement possible les travaux menés par Henri Guillemin : instaurer un Prix Henri Guillemin.

Ce Prix est une forme de signal à destination des publics pour contribuer à mieux faire connaître l’existence de travaux critiques qui remettent en cause les récits historiques officiels ; pour valoriser des ouvrages qui mettent au grand jour la vérité des faits volontairement laissée dans l’ombre par les « gens de biens«  et qui auraient pu être salués par Guillemin ; de manière générale, pour participer à la diffusion de la pensée critique en réponse aux discours de la classe dominante, dont l’incessant travail est toujours d’empêcher l’épanouissement d’une analyse critique qui pourrait saper les fondements mêmes de son magistère.
Bref, une guerre des idées.

Pour cette première édition, nous avons pris comme méthode de demander à nos abonnés et nos adhérents, de nous faire des propositions d’ouvrages correspondant à cette perspective, précisée dans le règlement du Prix.

Des suggestions sont donc arrivées pendant les mois d’automne et, après une ultime salve de propositions fin décembre 2019, à quelques jours de la clôture des remontées, nous avions à considérer un nombre de 21 livres pour établir une liste de finalistes à proposer au jury.

Pour cela, nous avons pris en compte plusieurs critères afin d’établir une liste équilibrée :

– Nos propres considérations issues de nos lectures partagées,
– La retenue d’éléments objectifs : la date de publication de certains ouvrages étaient malheureusement hors délais. Ou le sujet traité frôlait le hors sujet,
– La prise en compte des champs d’études de Henri Guillemin : Histoire littéraire, Histoire politique, Histoire religieuse,
– Les périodes historique étudiées à travers nos propres actions : les colloques sur la Révolution française, sur la Commune, sur la collaboration de Vichy.
– Le fait que certains ouvrages avaient été plusieurs fois proposés par les différents abonnés.

Au terme de ce travail de sélection, nous avions huit titres et non six comme nous le pensions initialement.

La liste des finalistes proposés au jury est la suivante :

Les huit finalistes

Par souci de neutralité, les ouvrages finalistes du Prix Henri Guillemin, figurent par ordre alphabétique d’auteur.

La Guerre civile en France, 1958-62 : Du coup d’état gaulliste à la fin de l’OAS

de Grey Anderson. Ed. La Fabrique

Le Peuple Souverain et Sa Représentation – Politique de Robespierre 

de   Yannick Bosc. Ed. Crtiques

Récidive : 1938

de Michaël Foessel. Ed. PUF

Des Républicains ou le roman vrai des Raspail

de Ludovic Frobert. Ed. Libel

La non-épuration en France – De 1943 aux années 1950

de Annie Lacroix-Riz. Ed. Armand Colin

Le venin dans la plume

de Gérard Noiriel. Ed. La Découverte

Eugène Varlin

de Jacques Rougerie. Ed. Du détour

Comment l’Amerique veut changer de Pape

de Nicolas Senèze. Ed. Bayard

Le jury

Ces huit ouvrages sont en cours d’acheminement auprès des membres du jury. Leur lecture a commencé. Elle durera jusqu’au début de septembre prochain.

Durant la première quinzaine de septembre 2020, dans un lieu qui reste à déterminer, le jury se réunira pour débattre et choisir l’ouvrage lauréat.

Henri Guillemin