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Zola, légende et vérité

Paru chez Julliard en 1960, entré dans la collection de poche « 10/18 » en 1971, ce petit livre fut réédité par Utovie dès 1979, puis en 1997 et 2012, ce qui est un signe de son importance.

Guillemin raconte en ouverture de ce recueil de quatre études comment, adolescent, il s’était vu interdire la lecture du satanique Zola par un prêtre mâconnais, et à quel point, adulte, il continuait de regretter de ne pas avoir pu découvrir alors, au moins, J’accuse. Zola est en effet pour lui, dès qu’il le lit enfin, une de ces « créatures debout » qu’il admire.

Il étudie ici ses années de jeunesse, son rapport complexe au catholicisme, les fiches que tenait à jour à son sujet la police, ouvre enfin l’inattendu dossier « Claudel et Zola », et, à son habitude, renouvelle la vision humaine que nous pouvons avoir d’un Zola qui, à coup sûr, « n’était pas Satan ».

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Hugo et la sexualité

Hugo a voulu que tout ce qui était sorti de sa plume parvînt à la postérité, tout jusqu’à ses papiers intimes. Aussi Guillemin n’a-t-il eu qu’à puiser dans le fonds Hugo de la BnF pour bâtir l’essentiel de ce court essai dont, en 1954, les prudes et/ou les hypocrites se scandalisèrent.

Il voulait pourtant seulement comprendre comment cet homme au comportement charnel ardent, voire obsessionnel, avait pu créer dans ses œuvres autant de héros totalement chastes ; Guillemin n’a fait que remplacer les propos à voix basse par les réalités, sans juger, et dans le droit fil de sa conviction, héritée de Sainte-Beuve, qu’on ne commence à entrevoir la réalité d’un homme que si on sait quelle a été son attitude à l’égard de Dieu, du sexe et de l’argent.

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Vallès, du courtisan à l’insurgé

Publié en 1990 chez Arléa sous un titre plus explicite (Du courtisan à l’insurgé. Vallès et l’argent), ce petit essai vient tard dans la bibliographie des livres de Guillemin, mais cela faisait des décennies qu’il se passionnait pour Jules Vallès et pour « ce feu qui brûlait en lui » ; il a notamment préfacé L’Insurgé pour les éditions Rencontre en 1968, et publié au fil des années plusieurs articles dont ces pages sont la synthèse.

On y voit comment Vallès, ayant d’abord tenté de se renier pour réussir socialement, n’y est pas parvenu, et est peu à peu, non sans crises, revenu vers sa vraie nature, comme journaliste, puis comme « insurgé » au sens littéral du terme, au nom de la justice sociale.

Guillemin, qui aimait Vallès « parce qu’il n’avait pas triché, qu’il ne s’était pas contenté de parler et d’écrire », a voulu ranimer le « brasier » de sa révolte.