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Silence aux pauvres

L’histoire sérieuse n’a pas encore mis en lumière la place qu’a tenue, dans la Révolution française, et dès le début, la crainte, chez les possédants, d’une menace sur leurs biens.
Ce qu’il faut savoir, et capitalement, c’est que, dès la réunion des Etats généraux, une grande peur s’est déclarée chez les honnêtes gens (les gens de biens, les gens qui ont du bien, des biens), face à ceux que l’on va exclure du droit de vote et de la garde nationale : les non-possédants, les gens de rien.

Robespierre est un des rares, des très rares révolutionnaires, à souhaiter chez les exploités (des champs et des villes) une conscience de classe.

Et tout va se jouer sur ce même sujet, avec l’épouvante de ceux qui possèdent, en présence de ceux qui n’ont pas, qui n’ont rien et qu’il s agit, à tout prix et constamment, de surveiller et de contenir ;  d’abord par le déploiement avertisseur de la force, le 14 juillet 1790, ensuite par son usage crépitant et persuasif, le 17 juillet 1791. Alors : silence aux pauvres ! A la niche, une bonne fois, les gens de rien !

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Vérités complémentaires

Au fond, depuis ma thèse de doctorat, en 1936, sur Lamartine et sur Jocelyn – et c’est ce travail qui a tout déclenché en moi –, je me suis engagé sur une voie que j’ai suivie obstinément pendant plus d’un demi-siècle : rompre avec ce qui m’apparaissait comme évidemment erroné, et le remplacer par son contraire ; mettre le vrai à la place du faux.
Ainsi j’avais cru longtemps, sur la foi des « autorités », Lamartine langoureux et sans muscles ; et je venais de m’apercevoir, en étudiant d’assez près sa personne, son œuvre et son action, qu’il n’était pas tel ; pas du tout tel. Même réaction après d’attentives recherches sur Jean-Jacques Rousseau, le « persécuté imaginaire », vous savez bien. Drôlement authentique, la traque dont il fut l’objet. Hugo sonore comme pas un, mais d’autant plus qu’il était creux : un sous-primaire ? Pas vrai.  Des idées, chez lui, beaucoup d’idées et sérieuses. Zola pornographe ? Tant s’en faut ! Et même sur la contraception, pire que Jean-Paul II. Péguy irréprochable ? Je voudrais bien ; mais pas moyen…

             Oui, d’accord, mes « vérités » sont « subjectives ». Mais je demande qui ne l’est pas, en histoire littéraire ou en Histoire tout court. L’important c’est de jouer franc jeu. Et je ne crois pas qu’on puisse me soupçonner de cacher mes préférences, mes options, mes partis pris. La loi première est de s’informer, de n’avancer qu’en terrain sûr, de savoir de quoi on parle. Et les exemples abondent de doctrinaires qui ont parlé sans savoir, pénibles, comme le cher Du Bos avec son Benjamin Constant « sincère », ou bouffons comme le malheureux Gaxotte avec son Robespierre « communiste ».

             Voici donc ma nouvelle « contribution » – comme disent les messieurs graves – à ce que je crois, sur divers sujets, la vérité qui devrait remplacer la légende. 

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Lamartine, l’Homme et l’oeuvre

Il était très secret », a-t-on dit du poète ; parole profonde et que confirment encore ces signes indéchiffrables, ces séries d’initiales mystérieuses que nul n’a pu traduire jusqu’ici, qu’on ne traduira jamais, et qui se lisent en tête de ses grands manuscrits.

Une seule chose est sûre : ces initiales figurent des prières. Si l’on ne veut pas s’en convaincre, Lamartine nous échappera et nous ne l’interpréterons plus qu’en le trahissant. Ce n’est pas un personnage que nous puissions réduire à nos propres dimensions. Il faut en prendre notre parti. C’est un homme plus grand que son œuvre, déjà si grande.

Première étude d’Henri Guillemin, publiée en 1940, sur Lamartine, elle complète les deux déjà parues : Lamartine et la question sociale et Connaissance de Lamartine.

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Le « converti » Paul Claudel

La plus grande charité envers les morts, écrivait Mauriac dans sa Vie de Jean Racine, cest de les rapprocher de nous en leur faisant perdre la pose. »
Ils « posent », tous, ces grands hommes, presque involontairement, et n’en sont pas moins grands.

Jai voulu tenter de mettre au clair les circonstances réelles de ce que Claudel tenait à appeler la « conversion » de son adolescence, ainsi que ce qui s’est passé, en fait, autour de cette vocation ecclésiastique à laquelle son confesseur lui répétait quil devait absolument répondre.

Essayer de regarder aussi ce qu’était au juste le contenu de sa foi, si merveilleusement totale, disait-il, compacte, inébranlable.
Non, pas si simple, notre Claudel.