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1789-1792 / 1792-1794 les deux Révolutions françaises

Ce livre est la transcription et la mise au net d’enregistrements des conférences données par Henri Guillemin à la Radiotélévision belge en 1967 sur l’histoire de la Révolution française. Guillemin donne ici une vision fort différente de celle de nos manuels scolaires.
Il montre comment la bourgeoisie possédante s’est emparé du pouvoir en 1789, parce qu’il était dans son intérêt de remettre de l’ordre dans les comptes de l’Etat. Si le Roi avait joué le jeu, la monarchie n’aurait pas été renversée.
Comment elle l’a conservé, en dépit de la courte parenthèse où Robespierre, Saint-Just et les autres montagnards ont essayé de fonder une véritable démocratie.
Comment pour se protéger du peuple elle s’est jetée dans les bras du premier ambitieux qui passait par là, un certain Bonaparte.

Guillemin nous donne une galerie de portraits hauts en couleur et qui correspondent peu souvent aux images d’Epinal auxquelles nous sommes habitués. Mirabeau, Danton n’en sortent pas grandis. Marat, Saint-Just, Robespierre, par dessus tout, retrouvent la grandeur qui était la leur et que les Thermidoriens s’étaient empressés de noircir.

Il restitue avec ferveur les combats, les illusions, les réalisations et la défaite de ceux qui ont voulu opposer à la première Révolution, bourgeoise, une Révolution qui fût réellement populaire. Il explique pourquoi il fallait absolument les discréditer afin que plus jamais le peuple ne puisse avoir la parole.

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Robespierre, politique et mystique

Robespierre avait bien, en effet, une mystique – au moins au sens où l’entendait Péguy. La mystique républicaine, disait Péguy, c’est qu’on se faisait tuer pour la République ! Il se trouve que c’est exactement le parti qu’adopta Robespierre. Avec lui, devant nous, un de ces témoins qui se font tuer, dont a parlé Pascal, et qui ont donné la mesure de leur ardente sincérité… »

« …Je ne connais pas d’étude attentive, minutieuse, consacrée à ce que fut la pensée religieuse de Robespierre. Or elle est, chez lui, profonde, cette pensée ; vivante et déterminante.

L’objet même de cet ouvrage est d’établir cette vérité. J’espère y avoir contribué au moyen de preuves nombreuses, de grande portée, et trop peu connues

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Napoléon, légende et vérité

Comme il l’a souvent fait, Guillemin a publié ce bref livre pour fêter à sa façon, en 1969, le bicentenaire de la naissance du « petit chacal », comme il l’appelle en écho à l’une de ses désignations légendaires les plus célèbres.
Quelle fête, en effet ! au rebours de la vulgate scolaire et cocardière, Napoléon apparaît au fil de ces pages comme un avide, un cynique, et naturellement comme le tueur, à la guerre, d’une bonne partie de ses sujets.
Rien n’atténue la condamnation de ce « gangster » antipathique, de ce « Napoléon tel quel » pour reprendre le titre de la première édition.
Les impertinents de l’époque jubilent à lire cette « salubre leçon d’histoire » (Michel Polac), et après la mort de Guillemin un Edwy Plenel écrivait encore que « son aversion pour Napoléon Bonaparte nous manque ».

Ce n’est sûrement pas l’avis des historiens hagiographes, pour qui Guillemin n’est qu’un iconoclaste : disons un rebelle, que révulsent les images pieuses et qui, en effet, n’a de cesse de les détruire dès qu’elles dissimulent la réalité.

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Jeanne, dite Jeanne d’Arc

Publié en 1970, repris en 1977 dans la collection « Folio », ce livre fut un succès de librairie pour Guillemin et un objet de scandale pour ceux des historiens qui le considèrent comme un trublion infréquentable ; la célèbre Régine Pernoud fait de lui la cible principale de son pamphlet Jeanne devant les Cauchon.

Pourtant Guillemin ne s’était pas comporté à l’égard de Jeanne autrement que face à tous ceux dont il a tenté de comprendre la destinée : examiner ce l’on sait de sa vie et de son procès pour la faire revivre, sans légende. Pas d’idéalisation de l’héroïne, « fille sans beauté, un peu courtaude », ni de l’entourage du dauphin Charles, « cour froide et hautaine » vite désireuse de se libérer de « cette fille de rien, entêtée, indocile » ; une fois de plus, Guillemin refuse d’être un historien bien élevé, qui gommerait les aspérités.
Une fois de plus aussi, il cherche à atteindre l’âme, l’être intime. Ce qui le retient chez cette Jeanne « gaie, subtile, volontiers gouailleuse, pleine de sève et de feu », jetée sur le bûcher par l’Église, c’est bien sûr le mystère même de sa vocation, de ces « “voix” qui la conduisirent ».

Rien de solennel dans ces pages, mais la joie, perceptible à chaque page, de brosser le portrait d’ « une gosse hors série, attachante au suprême degré ».