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« Les Visions » poème inachevé de Lamartine

Etude historique et critique avec des documents inédits.

Thèse (complémentaire) de doctorat présentée en 1936.

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Le « Jocelyn » de Lamartine

Henri Guillemin passe l’agrégation en 1928 ; c’est l’année de son mariage. Commence alors le « tour de France » des jeunes profs qui vont se faire les dents en province. Il sait que ce n’est qu’une étape dans sa carrière. Il lui faut préparer une thèse d’Etat pour pouvoir enseigner à l’Université. Ce n’est jamais une petite entreprise. Il se tourne vers Lamartine – un pays, en quelque sorte, puisque tous deux sont mâconnais et que Guillemin aura accès aux archives inédites que possèdent les descendantes du poète.

Faire des recherches tout en ayant une charge d’enseignant n’est pas une mince affaire. Henri Guillemin va pouvoir prendre deux années sabbatiques grâce à la générosité de son beau-père, Jacques Rödel. Son directeur de thèse sera Daniel Mornet, professeur d’histoire littéraire à la Sorbonne. Huit années pour rédiger les 858 pages d’une étude historique et critique avec des documents inédits sur le Jocelyn de Lamartine, plus une thèse complémentaire de 256 pages sur Les Visions, poème inachevé avec une introduction et des notes, sans représenter un exploit donne une idée de la capacité de travail de Guillemin. Il soutient donc cette thèse de doctorat avec succès et les félicitations du jury, en 1936. La thèse principale est publiée chez Boivin ; la thèse complémentaire dans les Annales de l’Université de Lyon, Les Belles-Lettres. Ces publications immédiates montrent l’intérêt que les éditeurs spécialisés prennent aux travaux de Guillemin. Et dans la foulée, il reçoit le prix Paul Flat décerné par l’Académie depuis 1919, doté de 3000 francs, et qui distingue le meilleur ouvrage de critique littéraire de l’année.

Il revient à Guillemin d’avoir attiré l’attention sur un aspect méconnu de Lamartine – le désir qui était le sien d’écrire un poème de très grande envergure (plusieurs milliers de vers) qui surprend ceux qui le cantonnent dans une poésie sentimentale un peu mièvre. Lamartine est fasciné par la légende de l’ange Cédar, déchu pour être tombé amoureux d’une mortelle et condamné à revenir neuf fois sur terre. Jocelyn serait le dernier épisode de cette épopée lyrico-romantique – amours impossibles entre un être consacré à Dieu et une belle adolescente.

L’intérêt de Guillemin pour Lamartine ne se démentira jamais et il date de ces années la prise de conscience du lien étroit entre l’histoire littéraire et l’histoire politique.

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Les écrivains français et la Pologne

Quand le Comité suisse d’aide médicale à la Pologne m’a demandé de m’associer à son effort de solidarité humaine, j’ai cherché quel sujet traiter qui fût dans le cadre de ce qu’un professeur, un critique littéraire, peut entreprendre. Et il m’a semblé que ce qu’il y avait de plus intéressant peut-être, pour moi Français, c’était d’essayer de comprendre pourquoi, entre la France et la Pologne, existe depuis plus d’un siècle une espèce d’amitié préférentielle, quelque chose comme un secret, un profond pacte.

Henri Guillemin

« Une conférence « de commande », certes, et qui pourrait paraître anodine… mais, au final, très révélatrice du Guillemin de l’époque. » (Jean-Marc Carité)

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Henri Guillemin chez Sangnier

On savait qu’Henri Guillemin, ayant rejoint dès 1922 les rangs de la Jeune-République de Marc Sangnier, dont lui avait parlé un camarade de la “khâgne” de Lyon, était devenu en 1923, après son entrée à l’École normale supérieure, le secrétaire particulier du “patron”. On savait aussi qu’il lui était longtemps resté lié par l’admiration qu’il lui portait et par leur foi commune. 

Mais on connaissait finalement très mal la foule des articles, allant du billet d’humeur à l’étude de fond, publiés durant plus de dix ans par le très jeune, puis le moins jeune Guillemin dans les périodiques dirigés par Sangnier entre les deux guerres : son hebdomadaire La Jeune-République bien sûr, mais aussi La DémocratieLe Volontaire et L’Éveil des peuples. La collecte de tous ces textes, aussi exhaustive que possible grâce au précieux concours de Jonathan Wenger, a permis de construire un volume où se dessine un double portrait de Guillemin : le pacifiste, ardemment convaincu quoique de plus en plus alarmé par la montée des périls, et le journaliste essayant sa plume dans toutes les directions, récits de réunions électorales, essais sur la situation internationale, critique littéraire, éloge ardent du cinéma…

À chaque lecteur de ces pages de se faire une opinion sur ce qu’il y découvrira d’un Henri Guillemin en construction de lui-même, parfois naïf, mais aussi déjà sacrément lucide et talentueux.