
Quatre conférences données en 1973 au Cercle d’Education Populaire de Bruxelles.

Quatre conférences données en 1973 au Cercle d’Education Populaire de Bruxelles.

Nous avons réuni ici les quatre nouvelles et contes écrits par Henri Guillemin pour ses enfants, et publiés entre 1936 et 1948.
Ces textes ont tous connu un beau succès public, jamais démenti (principalement dans la collection Utovie / Jeunesse). Reste avec nous a aussi fait l’objet de nombreuses adaptations théâtrales et enregistrées.
Les réunir en un seul volume rend mieux compte de leur valeur littéraire et du talent d’écrivain de leur auteur.
Maurice Maringue, auteur de la préface et ami d’Henri Guillemin souligne qu’on « n’accorde pas la place qu’ils méritent dans l’œuvre de Guillemin à ces quatre textes courts, à la fois en harmonie, par la pensée et le style avec tout ce qu’il a écrit, et très différents. Il ne s’agit pas d’Histoire (sinon par référence dans le temps), de commentaires d’un auteur ou de réflexions sur la vie d’un homme, mais d’ouvrages d’imagination, de nouvelles toutes vibrantes de la passion humaniste de Guillemin, de sa tendresse, de son incoercible indignation en face de la veulerie… »
« On a bien souvent reproché à Henri Guillemin de fouiller les petits secrets des grands hommes mais ces beaux textes nous montrent que les petits secrets forment les grands et que leur révélation relève de l’initiation. Pourfendeur de légendes Henri Guillemin en a aussi créé quelques unes. Ce sont ces textes qu’il nous faut lire… » nous invite Martine Jacques, auteure de la postface.

Sont réunis ici des articles publiés par Henri Guillemin entre 1964 et 1974 et édités en 1975 par le Cercle d’Éducation populaire de Bruxelles (C.E.P.), au public duquel il a proposé à cette époque de nombreuses conférences. Il ne s’agit pas de transcriptions de ces conférences, mais d’articles, presque tous parus dans La Tribune de Genève ; cela dit, les thèmes sont, ici et là, ceux qui passionnaient l’orateur comme le journaliste.
Les articles ne sont pas repris dans l’ordre de leur publication, mais suivent un plan thématique par grands sujets : l’évolution du christianisme, la place des écrivains dans leur siècle, la façon dont s’écrit (ou devrait s’écrire !) l’Histoire. Ce plan reste souple, car parler de Lamartine amène à interroger son attitude religieuse, sa poésie, son courage politique ; même chose pour Victor Hugo. De ce fait les articles de la fin du volume, plus explicitement historiques (sur la Révolution, sur la guerre de 70 et les deux suivantes…), se placent en réalité dans la continuité de ceux qui paraissaient n’être “que” littéraires. Tout s’interpénètre.
Autant dire que ce livre est un captivant raccourci de l’œuvre écrite et parlée de Guillemin. Le volume du C.E.P. avait été publié “nu”, sans même les dates des articles. Pour la réédition on a indiqué non seulement ces dates, mais les remaniements (surtout des coupures) subis par une partie des textes. Par ailleurs des notes clarifient les allusions à ce qui, cinquante et soixante ans après le temps de l’écriture, ne parle plus ou plus assez au lecteur actuel. Tout a été fait pour que, dans cette anthologie, Guillemin s’adresse à nous comme il s’adressait à ses contemporains, en leur disant « vous » et en les entraînant à sa suite..

Ce texte paru à l’origine dans Altitude 1500, la revue des Français hospitalisés à Leysin (en Suisse) pour Noël 1943, a connu une édition hors-commerce de 75 exemplaires en février 1944 chez Ides Calendes, à Neuchâtel.
Norbert Darreau, libraire à Mâcon, l’intégra dans le catalogue de l’exposition qu’il consacra à Henri Guillemin.
« Il y a là, en quelques lignes fortes, le cœur des idées politiques de Guillemin. Le style familier leur donne un caractère d’authenticité et de sincérité que l’on retrouvera chez le Guillemin conférencier. On pourrait croire qu’il s’adresse directement à ces jeunes blessés, les yeux dans les yeux et la voix vibrante d’émotion. La nécessité de rebâtir un pays vaincu, humilié par l’occupation et la collaboration impose que l’on cherche, pour des lendemains qui ne se dessinent pas encore, les conditions d’un dialogue revivifiant. » (P. Rödel)