
Dans la région de Pondichéry, on les appelle paraiyar, un nom que les voyageurs européens ont transformé en paria.
On entre avec Viramma dans la boue des rizières, mais aussi dans le monde des esprits et des dieux, des jeteurs de sort, des rêves de délivrance.
Viramma raconte sa vie de paria. Ouvrière agricole asservie à une famille possédante du village de Karani, près de Pondichéry, elle est aussi sage-femme dans son quartier paria, et chanteuse.
Dans ce que dit cette voix de l’ombre, résonne aussi le rire des asservis, parfois tragique, parfois de dérision, parfois amer, souvent franc, un rire que forgent la force de vivre et la grandeur des dominés, un rire qui transfigure le destin, sur la difficile voie de l’émancipation.
Confié et recueilli dans un total esprit de confiance, ce témoignage nous vaut ce texte rare, éclairant à la fois les profondeurs d’une Inde qui bouge et l’indestructible dignité qui anime les plus méprisés des exclus, à l’heure même où nombre d’entre eux aspirent en masse à une nouvelle reconnaissance sociale et à un nouveau pouvoir. Ce livre d’écoute est un hommage à ceux qui furent si longtemps privés de parole.
Josiane Racine, Tamoule de Pondichéry, poursuit auprès de l’École pratique des hautes études, à Paris, ses recherches sur la culture populaire en Inde du Sud.
Jean-Luc Racine, son mari, directeur de recherche au CNRS, conduit au Centre d’étude de l’Inde de l’École des hautes études en sciences sociales, comme dans la revue Hérodote, des travaux portant sur les dynamiques sociales, économiques et géopolitiques de l’Inde contemporaine.
Editeur : Plon/Terre Humaine ; 625 pages ; paru en 1994.
