
C’est sans doute dans Supervivant, (Manalive en anglais), roman parmi les plus jubilatoires que Chesterton (1874-1936) a le plus complètement rendu compte de ses visions si singulières. Supervivant est l’apologie extraordinaire de l’existence comme une fin en soi.
Roman policier, roman fantastique, roman espiègle, parabole métaphysique, ce livre est tout cela à la fois.
« Chesterton est l’un des premiers écrivains de notre temps et ceci non seulement pour son heureux génie de l’invention, pour son imagination visuelle et pour la félicité enfantine ou divine que laisse entrevoir chaque page de son oeuvre, mais aussi pour ses vertus rhétoriques, pour sa pure virtuosité technique. » (Jorge Luis Borges).
En effet, Supervivant est l’apologie extraordinaire de l’existence burlesque considérée comme une fin en soi.
Quatre accusations pèsent sur Innocent Fève, sans doute le héros le plus paradoxal imaginé par l’auteur : meurtre, cambriolage, abandon, polygamie. Mais au fond quel est le crime d’Innocent Fèvre ?
« En somme, ce qu’on reproche à Innocent Fèvre, c’est le fait qu’il est différent des autres, qu’il se moque des convenances et des règles de bonne conduite imposées par la société, qu’il ne se plie pas aux usages, ce masque officiel de l’hypocrisie établie, érigée en système ».
